Élisabéthaine
(Architecture de scène)

Les documents qui nous sont parvenus sur l'architecture des théâtres élisabéthains sont rares, et ne permettent que des reconstitutions conjecturales.

La découverte récente des fondations du théâtre de la Rose renforce toutefois les hypothèses essentielles. On pense aujourd'hui que le Theatre de Burbage, imité du Red Lion (1567), fut un polygone doté de trois galeries, d'une scène amovible et de surfaces destinées à l'entrepôt du matériel nécessaire aux acteurs. Le premier document précis est le dessin de Jean de Wittreprésentant l'intérieur du Swan en 1596. C'est sur lui que se fondent la plupart des reconstitutions de théâtres « publics ». Il nous montre trois galeries recouvertes d'un toit de chaume et entourant une arène centrale, une vaste scène s'avançant jusqu'au milieu de cette arène et protégée au moins en partie par un auvent reposant sur de gros piliers. La scène est adossée à la façade d'une haute construction, couverte d'un toit elle aussi, à l'étage supérieur de laquelle sont percées trois ouvertures. Au fond de la scène s'ouvrent deux portes, en dessous d'une galerie. L'inscription mimorum aedes, entre ces deux portes, signifie que derrière la façade se trouvait la tiring-house, l'endroit où les acteurs entreposaient leurs costumes et leurs accessoires. Il est probable que le Swan fut imité au Globe, qui servit à son tour de modèle au Fortune. Mais le dessin n'est peut-être pas complet. Il ne montre pas de trappepratiquée dans le plancher de la scène (or nous savons que des trappes furent utilisées dans d'autres théâtres). Il n'indique pas non plus de scène intérieure ( inner stage, ou study dont l'existence a parfois été postulée) pour des « découvertes », et ne permet pas d'apercevoir, dissimulée sous le toit de la scène, de machinerie permettant de réaliser des « voleries». Néanmoins ce dessin nous révèle les aspects caractéristiques des théâtres « publics » : une très vaste scène entourée de trois côtés par les spectateurs, au moins une seconde aire de jeu surplombant l'arrière de la scène (lieu qui pouvait aussi être utilisé par des musiciens). Le Globe développa probablement ces possibilités, mais sans toucher à l'essentiel : la scène dépourvue de décors, avancée jusqu'au milieu du public. Le Fortune (le contrat passé pour sa construction nous l'apprend) imita le Globe à maints égards, mais Henslowe précisa que sa forme devait être carrée.

Les deux théâtres « privés » de Blackfriars furent des salles rectangulaires. La scène du second n'était pas entourée de spectateurs sur trois côtés, mais adossée à l'un des murs. En revanche il existait des loges latérales, et des spectateurs influents ou fortunés prirent l'habitude de s'asseoir sur des tabourets de part et d'autre du plateau. Dans la salle, le public (600 personnes environ) était assis sur des bancs. On jouait, après avoir fermé les volets, à la lueur de lampes ou de chandeliers qui éclairaient la salle aussi bien que la scène. On y multiplia les effets spectaculaires, probablement pour compenser les déficiences d'acteurs enfants ou adolescents, et à cause de l'influence du masque, qui contribua à développer la musique, les chants et les danses ainsi que l'utilisation des machines et le décor en perspective.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)

Classement

Spécialité : Antiquité - 16ème siècle

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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
26/05/2026