Costa rica
(Le théâtre au)
La stabilité démocratique du pays – devenu indépendant en 1838 – n'a pas suffi à promouvoir un développement théâtral plus riche.
On ne perçoit d'activité continue qu'à partir des années 1950 avec la fondation du Teatro universitario (1951), groupe amateur soutenu par l'Université de Costa Rica, qui monte d'abord un répertoire européen et nord-américain et fait peu à peu connaître des pièces nationales (La zegua de Alberto Cañas en 1971) et latino-américaines : O. K . du Vénézuélien Isaac Chocrón ; El cruce sobre el Niágara (la Traversée du Niágara) du Péruvien Alonso Alegría et Uvieta de Alberto Cañas, toutes trois en 1980. La mise en scène est assurée principalement par Carlos Catania, Lenín Garrido, Júver Salcedo, Daniel Gallegos, Juan Katevas. Un autre groupe pionnier est Teatro Arlequín (1956-1978), à caractère privé, ayant sa propre salle, animé par Jean Moulaert, Gallegos, L. Garrido et Catania, qui ont mis en scène de pièces contemporaines dans les années 1970. Un événement important est la création du ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports en mai 1970, qui rend possible la naissance de la Compañía Nacional de Teatro (janvier 1971, dirigée par Esteban Polls) et les débuts de la professionnalisation théâtrale au Costa Rica. Cette compagnie va se produire aussi bien dans la capitale qu'en province et va accroître le public déjà acquis par les troupes précédentes. Parmi les spectacles qui ont eu le plus de succès : Puerto Limón (1975) du Costaricien Joaquín Gutiérrez ; Arturo Ui (1977) de Brecht et Les Sorcières de Salem (1978) de Miller. Le groupe Tierranegra (1973), dirigé par Luis Carlos Vásquez, a été un des premiers à pratiquer la création collective dans La invasión (l'Envahissement, 1973) et dans 1934 (1977), pièce engagée consacrée à la grève bananière de cette année-là. Le Grupo 56 fondé en 1980 par Juan Fernando Cerdas devient le Teatro Municipal en 1984.
En ce qui concerne la dramaturgie nationale, le premier auteur qui réussit à s'imposer est Cañas (né en 1920), dont les pièces : El luto robado (le Deuil volé, 1962), En agosto hizo dos años (Cela a fait deux ans en août, 1966) et Algo más que dos sueños (Quelque chose de plus que deux rêves, 1967) ont des réminiscences pirandelliennes. Un peu plus tard s'imposent Gallegos (né en 1930) et Samuel Rovinsky (né en 1932). Le plus grand succès du premier a été La Colina (la Colline, 1968), où un groupe de personnes (laïcs et clercs) est confronté à un événement insolite : la mort de Dieu, qui jouera le rôle de révélateur de leurs existences respectives. Quant au deuxième auteur, sa pièce satirique Las fisgonas de Paso Ancho (les Fouineuses du Paso Ancho, 1973) a connu un record de représentations au niveau national ; tandis que la création de El Martirio del Pastor (le Martyre du pasteur, 1987), sur l'assassinat de l'évêque nicaraguayen Oscar Arnulfo Romero en 1980 (toutes deux mises en scène par Alfredo Catania), a été considérée comme un véritable événement artistique.
À l'éclatement théâtral des années 1970 ont aussi contribué de jeunes auteurs : Antonio Yglesias (né en 1943), William Reuben (né en 1947), Olga Barrantes, William Zúñiga, appelés à se faire connaître dans la décennie suivante : Miguel Rojas (né en 1952), Guillermo Arriaga (né en 1960), Melvin Méndez (né en 1953), Víctor Valdelomar et Alejandro Tosatti (également metteur en scène et acteur). Ce dernier est le fondateur du groupe Diquis Tiquis en 1983, orienté vers la danse-théâtre. Il a mis en scène, entre autres : El árbol de la vida (l'Arbre de la vie, 1983) et Paredes de brillo tímido (Des murs d'éclat timide, 1992). Quelques années plus tard, en 1989, a été créé le Grupo Ubú, une troupe théâtrale « indépendante, professionnelle et expérimentale » animée par María Bonilla, qui a mis en scène – parmi d'autres pièces – Barriendo sombras (Balayer des ombres, 1993), de thématique féministe. Il faut signaler aussi la contribution de plusieurs exilés politiques du Cône Sud. Par exemple, la compagnie chilienne El Angel – fondé en 1971 – s'établit à San José en septembre 1974 où elle va offrir un répertoire varié (européen, latino-américain et costaricien) de façon continue, chose inhabituelle alors au Costa Rica. Le couple fondateur, l'auteur Alejandro Sieveking et l'actrice Bélgica Castro, rentre au Chili en 1985 après deux décennies fructueuses qui ont laissé des traces, tandis que Lucho Barahona– un autre membre fondateur – prend en charge la salle El Angel à San José. Pour sa part, les Chiliens Marcelo Gaete et Sara Astica ont fondé le Teatro Surco et les Argentins Alfredo, Carlos et Gladys Catania ont joué un rôle très important depuis leur arrivée en 1967. Un autre indice de la progression théâtrale a été la parution de la revue Escena en 1979, sous l'égide de l'Université de Costa Rica, et l'organisation de quelques festivals internationaux : deux rencontres de théâtre universitaire de l'Amérique centrale en 1968 et en 1971 ; le Festival Internacional por la Paz en 1989 et le Festival Internacional de las Artes, qui a lieu annuellement depuis 1996. Presque tous ont eu lieu à San José, la capitale.
Bibliographie sélective
- Escenarios de dos mundos , inventario teatral de Iberoamérica, [ed. a cargo del Centro de documentación teatral] ; [dir. Moisés Pérez Coterillo], [Madrid : Centro de documentación teatral], 1988
- Teatro hispanoamericano contemporáneo , 1967-1987, Rosalina Perales, México : Gaceta, 1989-1993
Classement
Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine
- Costa Rica
- 20ème siècle
- 21ème siècle