Contrepoids
[ou contrepèsement]
Charge qui contrebalance le poids d'un élément rigide ou souple équipé à une perche. Le contrebalancement ou contrepèsementfacilite la manœuvre en allégeant l'effort pour le levage. Grâce à la motorisation hydraulique ou électrique [voir Moteurs], l'évolution contemporaine conduit au tirage direct , c'est-à-dire sans contrepoids. Aux XVIIIe et XIXe siècles, le contrepoids se compose d'une tige de fer munie d'un œil au sommet où se nouent les fils d'appel et de commande provenant par les moufles de renvoi, des tambours d'appel et de retraite. La tige permet d'encastrer des pains ou gueuses. Les pains sont les unités de charge, blocs de fonte de 5 à 20 kilos de forme cylindrique. Pour la finesse de l'équilibrage, il existe les galettes (de 1 à 5 kilos). Le contrepoids circule dans un large conduit vertical, disposé de part et d'autre du plateau, sur toute la hauteur de la cage de scène, dessous compris : la cheminée de contrepoids est protégée par sécurité de planches non jointives pour permettre l'ascension ou l'accrochage, depuis la première passerelle de service jusqu'au niveau du plateau. Moynet indique deux techniques de contrepèsement : la première consiste à « équilibrer deux objets. Quand le machiniste dénoue la commande ou fil sans fin, il n'a à exercer qu'un effort corporel : l'appareil se met en mouvement et la loi de la chute des corps accroît le poids qui se précipite ». La deuxième consiste à charger plus le contrepoids que l'objet à actionner. « Lorsqu'on la [la commande] détache, l'appareil se met en mouvement ; le contrepoids descend […]. Il est vrai de dire que cette mode d'utiliser les tambours comporte une sûreté de mise en marche. » La contrainte est qu'il faut ensuite relever le contrepoids au treuil. Il est vraisemblable que cette deuxième méthode soit « séculaire » comme le dit Moyne. La première, plus récente, sera amplifiée par l'usage des équipes mécaniques à la fin du XIXe siècle. Le système de contrepoids de l'équipe dite à l'allemande, ou équipe mécanique, prédomine aujourd'hui. Il comprend : une nappe de glissement et de guidage, arrimée contre les murs cour et jardin, en tube profilé en T fixé sur une lisse d'appui; une tige de contrepoids avec cale-pains et quatre glisseurs en nylon ou téflon ; une poupée d'équipe à galet tendeur pour la mise en boucle du fil de commande; les contrepoids, pains de fonte moulée de 5 à 15 kilos à fente et bossage d'encastrement (270 × 120 × 70 ou 270 × 120 × 25 mm) ; un frein d'équipe placé au deuxième service, à excentrique réglable pour un fil de 22 mm de diamètre, avec façade numérotable pour repère.
Bibliographie sélective
- L'envers du théâtre , machines et décorations, M. J. Moynet..., Béziers : Société de musicologie de Languedoc, 1990
Classement
Spécialité : Technique et créateurs techniques