Comédie de cape et d'épée
Importée d'Espagne vers 1640, cette forme de comédie repose, comme toujours, sur l'amour d'un jeune premier (ou de plusieurs) pour une jeune fille (ou plusieurs), mais toute l'action découle de la violence de l'amour passionné du héros, toujours prompt à prendre les apparences pour la réalité, ainsi que de l'ambiguïté de ces mêmes apparences (les jeunes filles masquées ou voilées sont confondues et soupçonnées d'infidélité, les maisons à double entrée font prendre les amis pour des rivaux). La passion pousse les « cavaliers » à escalader les balcons, l'honneur soupçonneux à se battre en duel : atmosphère héroïque, drame latent, on ne quitte pas cependant la comédie grâce au jeu ironique qui permet au public de toujours démêler, à la différence des personnages, les apparences de la réalité, grâce surtout à la présence aux côtés du héros d'un rustre ou d'un valet bouffon (issu du gracioso espagnol). À la différence des premiers adaptateurs français, d'Ouville et Boisrobert notamment, Scarron (imité par Thomas Corneille) profitera du rayonnement des farceurs Jodelet et Philipin pour donner la première place à ce personnage, inventant la « comédie burlesque » (ainsi Jodelet ou le Maître valet).
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens
- Espagne
- France
- 17ème siècle