Alta comedia

La comédie bourgeoise envahit la scène espagnole de la seconde moitié du XIXe siècle. En réaction contre les excès d'un romantisme échevelé, la « haute comédie », plus fidèle à l'évolution de la société et reflétant ses problèmes, est principalement illustrée par Adelardo López de Ayala (1828-1879) et José Tamayo y Baus (1829-1898) : image appuyée des nouveaux maîtres, de la bourgeoisie d'affaires, des nantis et de leurs soucis d'argent, articulée autour du conflit entre morale et puissances financières. El Tanto por ciento (le Tant pour cent, 1861), de López de Ayala, traite de la « concupiscence de richesses » et condamne la fièvre du profit ; Consuelo (1878), considéré comme son chef-d'œuvre, montre une femme, partagée entre le désir d'aimer et l'appétit des biens, qui finit dans une « épouvantable solitude ». Tamayo apporte en plus une forme dramatique modernisée. Dans Lo Positivo (le Positif, 1862), il présente aussi l'amour aux prises avec l'intérêt ; Los Hombres de bien (les Hommes de bien, 1868) jette un regard pessimiste sur la montée des coquins ; sa pièce la plus glorieuse, Un drame nouveau (Un drama nuevo, 1867), qui inspira, peut-être, le Paillasse de Leoncavallo, traite, comme Kean de Dumas, de la confusion entre la vie et le théâtre : un adultère réellement vécu sur scène amène le mari trompé à assassiner son rival, mais c'est du vrai sang qui coule. Ainsi le nouveau réalisme renvoie-t-il, en fin de compte, aux zones marginales du romantisme.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine

Zone(s) géographique(s) :
  • Espagne
Période(s) :
  • 19ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026