ZOLA Émile
Romancier et critique dramatique français.
Orphelin de père à sept ans, il connaît la misère et doit abandonner ses études très tôt. Après des années de bohème, il entre dans le journalisme et se lance dans la littérature : Contes à Ninon (1864), Thérèse Raquin (1867), Les Rougon-Macquart (1869-1893). Cependant, il donne au théâtre trois pièces : Thérèse Raquin (1873), Les Héritiers Rabourdin (1874), une farce assez féroce sur la rapacité humaine, Le Bouton de rose (1878), un vaudeville « sans prétention ». Celles-ci sont reçues dans l'hostilité ou l'indifférence de la presse et du public. De 1876 à 1880, il tient le feuilleton dramatique dans Le Bien public, puis le Voltaire : en 1881, il réunit ses chroniques en deux volumes : Le Naturalisme au théâtre, Nos auteurs dramatiques.
Reprochant aux critiques dramatiques de son temps leur complaisance et leur indifférence, Zola revendique pour la critique une fonction militante : elle doit avoir une « méthode » et un « but ». Quant à lui, il entend faire campagne pour « le naturalisme au théâtre », en tant que celui-ci lui paraît la seule dramaturgie capable d'exprimer l'état social contemporain (toutes les autres formules théâtrales, hormis le théâtre classique qui garde sa « vérité humaine » : drames romantiques, vaudevilles, pièces à thèse, sont périmées). D'où l'importance qu'il accorde au décor (qui doit jouer au théâtre le rôle de la description dans le roman) et à la mise en scène, tant dans ses critiques que dans ses propres didascalies, d'une extrême précision. En 1887, il soutiendra l'entreprise du Théâtre-Libre d'Antoine, qui créera en 1889 sa pièce Madeleine (écrite dès 1865), ainsi que diverses adaptations de ses romans.
Classement
Spécialité : 19ème et début 20ème siècle
- France
- 19ème siècle