VERGA Giovanni
Écrivain italien.
Le plus connu des écrivains véristes doit une grande partie de sa notoriété à un drame de l'honneur paysan, mis en musique par Mascagni : Cavalleria rusticana. Mais il a peu écrit pour le théâtre.
La première tentative connue de Verga, dans le domaine de l'écriture théâtrale, est une comédie de mœurs écrite vers 1865 et intitulée I nuovi tartufi (Les Nouveaux Tartufes). Sa rédaction précède de peu l'arrivée de Verga à Florence, alors capitale du royaume d'Italie, où le jeune Sicilien fréquente très vite les milieux théâtraux. Il écrit alors un drame amoureux en trois actes (baptisé « comédie »), de tendance postromantique et décadente, centré sur un motif mondain qui lui est cher : la non-concomitance et l'inégale force des désirs amoureux dans le couple. Cette pièce, Rose caduche (Roses éphémères), ne sera pas représentée et ne sera publiée qu'en 1928. Verga semble alors renoncer au théâtre. Mais un nouvel essai, dix ans plus tard, sera un coup de maître. Cavalleria rusticana, drame tiré d'une nouvelle homonyme publiée en 1880, est représenté pour la première fois à Turin, aux frais de l'auteur, le 14 janvier 1884 et remporte un vif succès (auquel l'interprétation d'Eleonora Duse, dans le rôle de Santuzza, ne fut sans doute pas étrangère). Le public a été sensible à cette sombre histoire d'amour et de mort sur fond de paysage méditerranéen et de « chevalerie campagnarde ». La création à Rome, en mai 1890, de l'opéra homonyme de Mascagni amplifiera le triomphe. Encouragé, Verga adapte alors une autre de ses nouvelles dont la fiction est, cette fois, située dans un quartier populeux de Milan. In portineria (Dans la loge du concierge), drame réaliste de l'amour malheureux, est représenté pour la première fois le 16 mai 1885 à Milan. C'est un échec et Verga va décider que le théâtre est une forme d'art « inférieure et primitive ». En 1896 il retrouve une certaine réussite grâce à La Lupa (La Louve), sanglante tragédie paysanne construite sur le désir charnel et ses maléfices, adaptée de la nouvelle homonyme publiée en 1880. Mais le vérisme est maintenant boudé ou attaqué et Verga s'est retiré sur ses terres. Il écrit encore deux œuvres très courtes représentées en 1901 : La Caccia al lupo (La Chasse au loup) et La Caccia alla volpe (La Chasse au renard). En 1903, son dernier drame, Dal tuo al mio (Du tien au mien), donné à Milan, met en scène la trahison sociale d'un paysan qui abandonne la lutte des siens lorsque, en épousant la fille d'un riche propriétaire, il prend conscience de ses nouveaux intérêts.
Caractéristique d'une époque et d'une poétique, le théâtre de Verga ne semble pas avoir toujours conservé la finesse, le laconisme, la pureté linguistique et l'étonnante force elliptique des nouvelles dont il résulte en très large partie.
Classement
Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine
- Italie
- 19ème siècle