PANIZZA Oskar
Écrivain allemand.
Marqué dès son enfance par les dissensions religieuses de ses parents, Panizza s'engage très tôt dans un anticatholicisme fanatique qui se confond avec la haine pour son père. Après la musique, il étudie la médecine, voyage à Paris, à Londres et en Italie, où il se familiarise avec le théâtre et la littérature. En 1894, la publication du Concile d'amour. Tragédie céleste (Das Liebeskonzil. Eine Himmelstragödie) déchaîne des réactions d'une rare violence. Situant l'action à Rome, à la cour du pape Alexandre VI, et au ciel, Panizza représente Dieu en vieillard gâteux, le Christ en débile mental, la Vierge en femme de vertu douteuse. Révoltées par la vie dépravée des hommes, ces « divinités » décident de les punir et invitent à leur concile le diable qu'ils chargent d'inventer un châtiment susceptible de détruire le corps en laissant l'âme intacte. Passant en revue les femmes de l'enfer, Satan choisit Salomé, la plus belle et la plus dépravée, et engendre avec elle une créature de rêve qui transmettra à tous les hommes, en commençant par la hiérarchie catholique, le mal vénérien.
Réfugié à l'étranger – l'œuvre est naturellement interdite –, Panizza revient en Allemagne se constituer prisonnier. Puis il s'exile de nouveau en Suisse, où il écrit un autre drame, Néron. Son œuvre fascinera les surréalistes, en particulier André Breton. Les auteurs progressistes de la République de Weimar – Walter Mehring, Kurt Tucholsky– verront en lui un martyr de la liberté et exigeront la réédition de ses œuvres. Jusqu'en 1970, les représentations du Concile d'amour donneront lieu, en France comme en Allemagne, à des affrontements violents.
Bibliographie sélective
- Das Liebeskonzil. Eine Himmelstragödie in fünf Aufzügen... , Oskar Panizza, Velber : Theater heute, 1973
Classement
Spécialité : Espace germanique
- Allemagne
- 19ème siècle
- 20ème siècle