OYONO-MBIA Guillaume
Romancier et auteur dramatique camerounais, il doit surtout sa notoriété au succès remporté par ses comédies, Trois Prétendants, un mari (1962), Notre fille ne se mariera pas (1969) et Jusqu'à nouvel avis (1970).
La première pièce reprend un lieu commun de la littérature africaine des années 1960, celui du mariage imposé, déjà évoqué par Seydou Badiandans Sous l'orage . Sur le thème du conflit entre tradition et modernité, Oyono-Mbia brosse une galerie de portraits divertissants, et, à la manière de Molière, laisse aux jeunes amoureux le soin de dénouer une intrigue qui scellera leur bonheur conjugal.
Comme son titre l'indique, Notre fille ne se mariera pas s'articule également autour du problème du mariage, mais ici c'est plutôt un prétexte qui permet à l'auteur d'opposer en deux actes contrastés le petit monde pittoresque du village à la bourgeoisie plus ou moins assimilée de la capitale. Oyono-Mbia égratigne au passage les représentants de l'ordre, toujours prompts à monnayer leur influence, mais en dépit de la satire sociale dont la bureaucratie urbaine constitue la cible privilégiée du dramaturge, le ton reste à la fantaisie et à la bonne humeur.
Notre fille ne se mariera pasa obtenu en 1969 le deuxième prix du Concours théâtral interafricain de Radio-France Internationale, et la pièce a fait l'objet d'une série d'adaptations radiophoniques auxquelles elle doit sa grande popularité. Jusqu'à nouvel avis , comédie en un acte, reprend la thématique du mariage. Il s'agit cette fois du mariage, qui a été célébré en France, de Matalina, fille d'Abessolo, avec un médecin. À son retour au Cameroun le couple s'installe à Yaoundé et annonce sa visite au village, visite indéfiniment différée en raison des hautes fonctions qu'occupe le gendre d'Abessolo. Nouvelle occasion pour Oyono-Mbia de dresser le double tableau d'une élite pervertie et d'une masse paysanne à la fois cupide et crédule.
Classement
Spécialité : Afrique, outre-mer et diaspora