MARTIN RECUERDA José

Grenade, 1925 - Motril, 2007

Auteur dramatique espagnol.

La maladie, la gêne, l'ordre franquiste ont pesé sur les années de formation d'un écrivain enraciné dans la culture andalouse. Son œuvre – dix-huit pièces – se constitue progressivement autour d'une figure centrale, mère, actrice, prostituée, dans un espace carcéral où s'ordonne le triomphe de la révolte réprimée. Dépassant le lamento des frustrations provinciales qui caractérisait les pièces écrites pour le théâtre universitaire de Grenade dont il fut directeur (1952-1958), il fait représenter Las Salvajes en Puente San Gil (Les Enragées à Puente San Gil), à Madrid, en 1963, date marquante du théâtre d'opposition au franquisme. À l'étroit dans le carcan du néoréalisme militant, il libère la violence des images scéniques et des chants andalous dans des fresques historiques, fêtes carnavalesques et rituel de mort. Dans Las Arrecogiás (Les Filles repenties, 1970), Mariana Pineda [voir García Lorca], coryphée des prostituées enfermées dans un couvent-prison, attend le martyre. Dans Las Conversiones (Les Conversions , 1980), la Célestine [voir Rojas (de)] naît avec l'Espagne qui bascule de la tolérance à la répression. De la déploration de La Llanura (La Plaine, 1947), au désenchantement postfranquiste de La Trotski, 1984, Martin Recuerda, malgré quelques outrances mélodramatiques, reste par son indépendance une indispensable référence.

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine

Zone(s) géographique(s) :
  • Espagne
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
16/06/2026