JARRE Maurice
Musicien français
Élève du Conservatoire national supérieur de Paris, il travaille chez Renaud-Barrault dès 1946 avec Pierre Boulez. Il s'y occupe des ondes Martenot et des percussions et participe à la musique du Procès adapté de Kafka (1948). Dès 1951, année de sa fondation, il rejoint le TNP dont il sera le « régisseur musical » jusqu'en 1964. À la fin de l'ère Vilar, il passe au cinéma où l'attend la consécration internationale (3 Oscars pour la musique des films Lawrence d'Arabie, 1962, Docteur Jivago, 1965, Un passage vers l'Inde, 1984). Son bilan théâtral : une quarantaine de musiques pour l'un des plus beaux répertoires que l'on puisse imaginer, sans oublier l'accueil en fanfare et la minute de xylophone au début des représentations. Au TNP, où cohabitent l'esprit d'équipe et la forte personnalité de Vilar, l'artisanat et la création, Maurice Jarre doit composer avec de multiples exigences. Exigences esthétiques qui impliquent tout un travail sur le texte et sur lesquelles il s'explique souvent dans Bref (la revue du TNP). Exigences techniques : minutage de la représentation, acoustique (la stéréophonie enveloppante pour Nucléa de Pichette en 1952). Exigences scénographiques et dramaturgiques : la musique remplace le décor ou évoque une atmosphère, investit temps forts (l'ouverture) ou temps morts (les enchaînements), se fait commentaire de l'action, s'intègre comme trait constitutif de certains personnages, dès lors indissociables de leur thème musical (Ubu, Le Commandeur, Alexandre de Médicis). Rien de bien révolutionnaire, à vrai dire, dans cette conception et cette pratique, mais un modernisme de bon aloi, un éclectisme séduisant et une image de marque.
Classement
Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle
- France
- États-Unis
- 20ème siècle
- 21ème siècle