HOSSEIN Robert
Auteur et acteur de cinéma et de théâtre français, metteur en scène, directeur de troupe et entrepreneur de spectacles. Il a dirigé le Théâtre Marigny.
Très précoce (il écrit depuis 1945), Hossein a fait jouer de son théâtre, sans beaucoup de succès (Les Voyous, 1949, Vieux-Colombier*) et il a participé comme acteur, la même année, à la création de Haute Surveillance de Genet. Il a beaucoup joué au cinéma (acteur de caractère il incarne les méchants et les angoissés) avant de se lancer dans l'entreprise de la décentralisation, indirectement, pendant sept ans, au Théâtre populaire de Reims, puis comme directeur du tout neuf Centre dramatique national de Reims. Il reprend bientôt sa liberté, préférant se produire comme acteur dans des salles privées grandes ou petites, et, comme metteur en scène, dans l'immense Palais des Sports de la porte de Versailles où il a su attirer des foules considérables (de 240 000 pour Potemkine à 800 000 avec Un homme nommé Jésus). Hossein a une prédilection avouée pour le spectacle : faste, effets sonores et lumineux, mouvements de foule (109 participants sur le plateau de Jules César, 1985), grandes envolées lyriques et épiques qui touchent le cœur ou soulèvent l'enthousiasme. « Dans mon travail il y a un esprit cinéma », dit Hossein, entendant par là sans doute qu'il joue à plein sur l'illusion scénique, qu'il travaille avec des « scénaristes » attitrés (Decaux, Soria, Lorenzi) et exploite sans faux-semblant ce qui est le plus propre à rendre le théâtre populaire – au double sens de ce terme. D'où le choix, soit d'auteurs considérables : Shakespeare (avec Roméo et Juliette à Reims en 1977, Jules César à Paris), Hugo (avec Les Misérables), soit de grandes figures (Danton et Robespierre, Un homme nommé Jésus* ), soit de grands épisodes historiques (La Liberté ou la Mort, 1988), soit de faits divers hors du commun (L'Affaire du courrier de Lyon). Hossein fait concourir deux célébrités, Rostand et Belmondo , pour le triomphe de son Cyrano de Bergerac (1990). Dans la Nuit du crime (1994), « conçu, interprété par Hossein avec 12 suspects », le public est sollicité de participer activement (c'était déjà le cas dans Je m'appelais Marie-Antoinette ) en décidant, par un vote, de l'auteur du crime. Formule de théâtre interactive tout à fait dans l'esprit de récentes émissions de télévision. Il a consacré une comédie musicale (La Vie en bleu) à l'existence tumultueuse de Picasso (1996) et une fresque épique à la haute stature de de Gaulle (1999). Il est sorti de l'histoire avec l'adaptation du roman On achève bien les chevaux (2004), mais il y revient en 2006 avec Ben-Hur , au Stade de France, spectacle pour lequel « les spectateurs sont invités à venir costumés tels des Romains de l'Antiquité, avec toge ou tunique, coiffures de couronnes de laurier et bijoux fantaisie ». Le succès est assuré : 225 000 billets avaient été vendus un mois avant la série de 5 représentations prévue.
Hossein croit à la fois aux héros et aux idées simples et met les secondes au service des premiers pour donner d'eux une image qui confine parfois à l'imagerie. Tempérament fougueux, sans cesse en guerre contre les snobismes et les chasses gardées, Hossein peut se venger du peu de cas que la critique fait de son travail avec les millions de spectateurs qu'il a déjà touchés, même si la rentabilité de ses spectacles est, vu l'augmentation des coûts de production, de plus en plus aléatoire.