EDGAR David
Écrivain, critique et universitaire britannique, le plus solide des dramaturges politisés par les événements de 1968, qui, pendant quatre décennies et en une soixantaine de pièces, a tenté de réfléchir sur la vie politique européenne selon une perspective marxiste. Destiny (Royal Shakespeare Company, 1976) imagine une prise de pouvoir de l'extrême droite fasciste en Grande-Bretagne ; Maydays (Royal Shakespeare Company, 1983) parle de la perte des illusions utopistes par la gauche depuis 1968 ; Nicholas Nickleby (Royal Shakespeare Company, 1980), adapté de Dickens dans un style qui s'inspire des créations collectives du Théâtre du Soleil, met l'accent sur les conditions sociales sous le capitalisme ; Playing with Fire (Jouer avec le feu, National Theatre, 2005) dénonce l'incapacité de la classe politique à comprendre la réalité quotidienne d'une communauté multiculturelle. Edgar montre à nouveau son talent avec Albert Speer, adapté d'une biographie de l'architecte d'Hitler écrite par Gitta Sereni (National Theatre, 2000). Le dramaturge exprime son désir d'être « secrétaire de l'époque où [il] vit » et sa production durant les années 1980 est dominée par la grève des mineurs britanniques, qu'il met en scène dans That Summer (Cet Été-là, 1987). Depuis la chute du mur de Berlin (1989), il s'intéresse bien plus à la fédération de nations qu'est l'Europe qu'à la nation elle-même. Il écrit The Shape of the Table (National Theatre, 1990) sur la « révolution de velours » en Tchécoslovaquie et Pentecost (Young Vic, 1995), sa pièce la plus connue, sur l'ex-Yougoslavie. Son ouvrage critique, The Second Time as Farce constitue le meilleur commentaire sur le théâtre politique en Grande-Bretagne.
Bibliographie sélective
- The second time as farce , reflections on the drama of mean times, David Edgar, London : Lawrence and Wishart, 1988
Classement
Spécialité : Amérique du Nord et Iles Britanniques
- Royaume-Uni
- 20ème siècle
- 21ème siècle