CONGREVE William

Bardsey, près de Leeds, 1670 - Londres, 1729

Auteur dramatique anglais représentatif de la comédie de la Restauration

Il obtient un franc succès avec The Old Bachelor (Le Vieux Garçon, 1693), lance le succès de la compagnie de l'acteur Betterton avec Love for Love (Amour pour amour, 1695), la sauve financièrement avec sa tragi-comédie, The Mourning Bride (L'Épousée en deuil, 1697) puis en devient directeur jusqu'en 1705. Son œuvre la plus célèbre en France, Le Train du monde (The Way of the World, 1700), a un succès médiocre. Après la publication de son opéra, Semele (1710), Congreve, nommé haut-commissaire à la Jamaïque, se retire de la scène et de la vie mondaine.

Rien de bien nouveau dans The Old Bachelor qui, outre Heartwell, met en scène des figures déjà vues : mari trompé, entremetteur, escroc, vantard outrecuidant, soubrette, coquettes. C'est une comédie d'esprit, comme chez Etherege, mais qui est nouvelle par l'élégance verbale, l'audace et le brillant des échanges. Théâtralement, L'Homme au double parler (The Double Dealer, 1693) est une œuvre plus forte car elle comporte, avec Maskwell, sorte de Iago comique, un méchant de comédie. Dans deux longs monologues, il suscite une puissante ironie dramatique, après quoi les déguisements du dénouement semblent faibles. C'est Love for Love qui marque l'apogée du succès de Congreve. L'esprit satirique s'y donne cours dans tous les domaines : l'argent et l'amour (le héros, Valentine, simule la folie pour écarter ses créanciers et attendrir la riche Angelica) mais aussi le monde, que découvrent Prue, l'ingénue libertine, et Ben, le marin au franc-parler, ou encore le bel esprit, vrai ou faux. Tout cela sur un rythme qui ne faiblit jamais et dans des joutes verbales où abondent les mots d'auteur. Mais ces comédies gaies, audacieuses, choquèrent les puritains, dont le révérend Jeremy Collier qui en 1698 attaqua Congreve, lui reprochant ses héros débauchés aux propos irréligieux dont le libertinage se trouvait finalement récompensé. Pourtant, The Way of the World à lui seul « justifie » tout le théâtre contemporain. Pièce raffinée et complexe où Mirabell aime la spirituelle Millamant (tout en convoitant sa fortune), mais assez passionnément pour s'engager à renoncer à presque toutes les prérogatives d'un mari. Dans de scintillants duels verbaux, Congreve, plus acéré et pragmatique que Marivaux , évoque tous les problèmes de la société contemporaine, l'argent, le mariage, le statut légal et financier des femmes, parvenant à un étincelant contrat moral, représentatif de toutes les ambiguïtés de son temps, avec une réelle allégresse.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Amérique du Nord et Iles Britanniques

Zone(s) géographique(s) :
  • Royaume-Uni
Période(s) :
  • 17ème siècle
  • 18ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
30/04/2026