BOUQUET Michel

Paris, 1925 - Paris, 2022

Artiste dramatique français. Par son intelligence et sa maîtrise de jeu, par sa forte personnalité que souligne une voix sèche et percutante, Bouquet est l'un des acteurs les plus réputés de sa génération.

C'est avec Scipion, le jeune poète du Caligula de Camus (1945), que commence son parcours de « voyageur traqué des âmes » ; cette formule du Mythe de Sisyphe peut s'appliquer à un acteur exigeant, à la recherche de la vérité profonde des personnages. De Camus il jouera aussi les Justes (1949) et l'adaptation des Possédés (1959). Dans le théâtre d'Anouilh* il trouve le succès public : Roméo et Jeannette et l'Invitation au château (1947), l'Alouette , joué près de mille fois (1953), Pauvre Bitos (1956). Parallèlement, il participe à l'aventure du TNP de Vilar , dont il partage l'amour des grands textes ( la Mort de Danton , de Büchner, 1953, où il est Saint-Just). Cette intense activité se double d'une carrière très riche au cinéma, à la radio et à la télévision. Dans les années soixante, on le retrouve notamment dans des pièces de Pinter , dont il traduit à merveille les dénivellations de langage et l'art poétique de la prose ( la Collection , 1965, l'Anniversaire , 1967, puis No Man's Land , 1980). Il est Pozzo dans la mise en scène de Krejča* pour En attendant Godot de Beckett (1979). Il joue au théâtre de l'Atelier le Neveu de Rameau de Diderot (1984), la Danse de mort de Strindberg (1984), le Malade imaginaire et l'Avare de Molière . Une de ses compositions les plus envoûtantes a été celle de Bérenger dans Le roi se meurt de Ionesco (1994) : il y vit sa mort avec l'intensité dominée d'un grand sage antique. Il sait se faire sardonique et glacial dans Avant la retraite de Bernhard (m. en sc. Delcampe, 1997, à Louvain-la-Neuve), d'un tragique sublimé dans Minetti du même auteur. Bien que, dans les années 1990, il se soit surtout produit au théâtre, Bouquet a réussi au cinéma une composition extraordinaire de vérité et de profondeur dans le rôle du président Mitterand ( le Promeneur du champ de Mars de Guédiguian).

Pour Bouquet, en deçà de la mise en scène, le véritable interlocuteur de l'acteur, c'est l'auteur de théâtre, dont la « ligne d'intention » se découvre peu à peu, au fil de lectures intenses et réfléchies. Le vrai texte dramatique n'étant pas explicatif, mais fondé sur des cassures, la composition d'un rôle doit déboucher sur une structure de « coups de théâtre » : tel est le message que Bouquet a transmis à ses élèves du Conservatoire de Paris, où il a enseigné quelques années.

Rédacteur(s)

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Période(s) :
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
11/02/2026

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Michel Bouquet