BONAL Denise

(Oued el-Alleug, Algérie, 1921)

Actrice, auteur et pédagogue de théâtre française.

La radio fut le premier lieu de création de D. Bonal ; elle la mena au théâtre où, pendant vingt ans (1951-1971) elle joua sous les directions successives de Gignoux , Dasté , Monnet , puis à nouveau Gignoux au TNS. Les événements de Mai 68 provoquèrent chez elle le déclic de l'écriture et ce furent : Légère en août (m. en sc. Théophilidès , 1974), les Moutons de la nuit (m. en sc. Bierry, 1975). Bonal choisit pour ses pièces un cadre réaliste et un langage quotidien ; cependant les situations, souvent inspirées de faits divers, sont inattendues : Légère en août dénonce le trafic, en clinique, de nouveau-nés « commandés » par des familles sans enfant ; dans Honorée par un petit monument (1979) un jeune homme réclame à l'hôpital la jambe dont on vient de l'amputer, pour lui procurer un enterrement décent. Formellement, c'est le dialogue* qui prime : « Ce qui m'attire le plus au théâtre, dit l'auteur, c'est le dynamisme du dialogue, cette sorte de retour perpétuel d'un personnage sur l'autre, l'implosion et l'explosion que les dialogues apportent. » Un thème majeur parcourt les pièces de Bonal : celui des rapports conflictuels familiaux : J'ai joué à la marelle, figure-toi (1980) traite de l'amour étouffant d'une mère pour sa fille tandis que Portrait de famille (m. en sc. Ph. Mercier, 1985) est consacré au conflit d'une mère, Louise, et de sa fille, sans que ses deux fils apportent, en compensation, la moindre satisfaction. Cette solitude de la mère apparaît encore mieux dans Passions et prairie (m. en sc. Rétoré , TEP, 1987) où trois filles et leurs maris, veules et égoïstes, se réunissent pour un pique-nique amical avant de sombrer dans un déballage de querelles désolantes. Seule la mère, qui refuse de jouer le jeu des conformismes bourgeois, représente sagesse et générosité. En 2005, Bonal montre dans De dimanche en dimanche , comment on finit par accepter l'inacceptable comme naturel et l'injustice comme faisant partie de l'ordre du monde. Elle dénonce, en termes simples et implacables, les résignations à cet ordre comme autant de démissions.

Bonal a une vision du monde forte et claire : elle est pour les faibles contre les puissants et, plus encore, pour les sincères contre les hypocrites : elle est le héraut d'un humanisme social.

Rédacteur(s)

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Période(s) :
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
05/03/2026

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Denise Bonal