BARBEY D'AUREVILLY Jules
Romancier et critique dramatique français.
C'est en 1866 que Barbey d'Aurevilly inaugure sa carrière de chroniqueur dramatique dans le journal satirique le Nain jaune. Presque sexagénaire, ayant publié ses principaux romans, il jouit depuis longtemps d'une solide réputation de polémiste, de bretteur enragé contre l'esprit du siècle.
On retrouve cet esprit de croisade dans ses articles de théâtre. Pour Barbey, le théâtre est « un art épuisé, fini ». L'embourgeoisement de l'âme triomphe un peu partout. La scène n'est plus que le reflet d'une société en décomposition. Les sphinx modernes n'ont pas d'énigmes. Seul la figure du grand acteur – Frédérick Lemaître, par exemple – échappe au jeu de massacre. L'acteur, selon Barbey, incarne une sorte de visionnaire, de mystagogue. Tout personnage, aussi falot soit-il, n'est que prétexte pour l'acteur à réaliser les principes de son art. L'acteur n'est pas tant le serviteur d'un texte que le maître de son propre moi. De même, la critique : écrire sur le théâtre est l'occasion, pour le romancier, de manifester le monde rêvé qui l'anime, c'est aussi la manière de proclamer, haut et fort, son dégoût du théâtre. Critique d'humeur, donc, subjective et séduisante, que magnifie une langue rouge et or.
Bibliographie sélective
- Le Théatre contemporain , J. Barbey d'Aurevilly, Paris : L. Frinzine, 1887
Classement
Spécialité : 19ème et début 20ème siècle
- France
- 19ème siècle