ANDONOV Methodi
Ce metteur en scène bulgare se distingue particulièrement parmi ceux de sa génération, la première après la Seconde Guerre mondiale, par son désir de développer sa propre conception du théâtre.
Parti de la dramaturgie moderne de Robert Merle (Sisyphe et la Mort) , il passe par les leçons tirées des nouvelles brèves de Tchekhov (la Demande en mariage, la Noce, Jubilée) , réunies en un spectacle où le monologue des Dangers du tabac sert de liaison et de cadre. Il sort des chemins battus du genre comique pour emprunter les sentiers inexplorés du « haut comique », cherchant des comédies traitant de problèmes sérieux où le rire se teinte des couleurs du drame à un niveau nettement psychologique. Metteur en scène principal du théâtre de la Satire à Sofia, il monte la Mort de Tarelkine de Soukhovo-Kobiline, extrait la satire de la comédie de mœurs et en dégage de façon corrosive la portée sociale. Sur la scène presque nue, à la couleur de moisi, le personnage inondé de lumière blanche, crue, prend des contours accusés, presque symboliques. Le rire s'accompagne d'un frisson de frayeur dans ce spectacle au grotesque féroce. Dans sa mise en scène suivante (le Revizor de Gogol), le comique demeure au premier plan, mais on rit « jaune ». En somme, il n'y a pas dans les spectacles montés par Andonov de personnage purement comique ; son théâtre est fermement ancré dans la réalité, lié à une prise de conscience plus ou moins nuancée du conflit intérieur des héros.