Taps
[ou Tabs]
Le taps est d'un emploi relativement récent et d'une acception complexe. Ce terme désigne en anglais soit un rideau à la grecque (selon Theatre Words), soit un rideau d'avant-scène (Giteau). Dans un sens dérivé de son origine, L. et G. Leblanc désignent en 1939 sous ce terme un second rideau d'avant-scène servant de fond de tableau « pour une présentation qui se fait […] sur les premiers plans de la scène » ; ce type de rideau peut s'ouvrir à la grecque, mais aussi à l'allemande, à l'italienne, ou en retroussé. L. et G. Leblanc désignent aussi sous ce terme un décor-tenture (« plus rarement employé dans ce cas »). C'est cette acception qui prévaut à partir de 1945 environ (Sonrel). Le taps pallie la disparition dans une plantation classique des châssis géométraux ou des décors-répertoire. Il permet de « reconstituer la boîte » en masquant à chaque plan les découvertes, tout en permettant la circulation des coulisses au plateau. C'est un équipement de base dans un théâtre, un décor neutre de tenture pouvant suppléer l'absence de décor et habiller la scène. Le taps désigne donc aujourd'hui un jeu combiné de draperies ; il se compose de pendrillons, de frises et d'un rideau de fond équipés et suspendus à partir du gril sur porteuses et patience. Les pendrillons sont des rideaux étroits, disposés plan par plan à cour et à jardin. Les frises sont des bandes horizontales servant de masque pour les cintres, les éclairages, herses et autres projecteurs – remplaçant les anciennes bandes d'air. Le rideau de fond ferme la vue au lointain. Il s'ouvre à la grecque et à l'allemande. Le taps est généralement en velours pour étouffer les bruits de coulisses, de couleur sombre de préférence (bleu nuit, noir) pour assurer une certaine neutralité et ne pas réfléchir la lumière. L'étoffe est froncée en tête, plombée par une chaîne disposée dans l'ourlet inférieur afin de donner un beau tombé (l'étoffe peut être tendue, lestée par une perche de tension glissée dans le fourreau, ourlet inférieur laissé ouvert). Les draperies (rideau, frise ou pendrillon) s'attachent à une perche par le moyen des nouettes, ou lacettes, lichettes, sanglons. Ces lacets, drisses ou rubans sont cousus sur la sangle de renfort en tête, c'est-à-dire au bord supérieur du rideau. Les nouettes peuvent être passées dans un œillet serti dans la sangle, fixées alors par un nœud* dit à tête d'alouette. Les nouettes sont généralement espacées tous les vingt centimètres.
Classement
Spécialité : Technique et créateurs techniques
- France
- 20ème siècle
- 21ème siècle