Pourimspiel
Les pourimspiel ou pièces de pourim commémorent l'épisode postbiblique du livre d'Esther et célèbrent le salut du peuple juif échappant aux persécutions ourdies par Aman, le conseiller du roi Assuérus (Xerxès), grâce à la reine Esther.
Ces pièces, qui sont plutôt des « jeux » de pourim, au sens médiéval du terme, constituent la première et la seule expression du théâtre yiddish jusqu'au XIXe siècle. Le jour de Pourim est en effet le seul jour où le théâtre est toléré par la tradition juive. À la saison du carnaval, il est célébré dans tous les ghettos de l'Europe médiévale par des processions d'étudiants travestis en femmes ou en « Fous » et parodiant les commentaires de la Loi qu'ils étudient le reste de l'année dans leurs yeshivas (écoles religieuses).
Il faudra attendre le XVIe siècle pour voir apparaître des pièces de pourim fondées sur des histoires bibliques à la façon des canevas* de la commedia* dell'arte, que les « acteurs » vont jouer à l'issue de leur parade, dans les maisons des notables communautaires. Aux côtés des figures bibliques, des clowns et des « masques » viennent égayer les pièces d'interludes comiques et de chansons. Les pourimspiel ont été préservés jusqu'à nos jours sous des formes embryonnaires (le plus souvent des canevas joués par les enfants) grâce à la relation transgressive que ces pièces entretiennent avec la religion et par leur intimité populaire avec l'actualité (Aman y fut représenté en Cosaque au XIXe siècle, en Hitler au XXe) qui revient nourrir le Livre par dérision.
Classement
Spécialité : Europe centrale et Russie