Passion
(Théâtre de la)

Tel qu'il existe encore de nos jours, c'est une forme de théâtre urbain issu de façon plus ou moins mythique des mystères du Moyen Âge : en fait ces Passions ont été ressuscitées au XIXe siècle à coup de documents d'archives.

Né dans l'Église mais prenant son autonomie au XIVe siècle, le théâtre de la Passion se laïcise : affranchi de la tutelle ecclésiastique, il devient un spectacle ouvert à la communauté mais plus bourgeois que populaire (les places sont payantes). Une des Passions les mieux connues est celle de Valenciennes (1547), mais, par un arrêt de 1548, le Parlement de Paris interdit la représentation de tout mystère sacré ; en effet, le répertoire des Confréries de la Passion n'était pas seulement l'évocation de la Passion du Christ, mais d'histoires légendaires, évangéliques ou hagiographiques. C'est la Réforme qui, en troublant profondément la conscience religieuse, aussi bien chez les catholiques que chez les protestants, avait amené les uns et les autres à se méfier de ces histoires représentées avec un curieux mélange de sacré et de profane. Ensuite, la Renaissance, en accentuant le retour de fortune de l'Antiquité grecque et romaine, a accompli dans les goûts littéraires et artistiques une révolution qui devait, de toute évidence, être funeste à la dramaturgie chrétienne.

De nos jours, on peut parler de théâtres de la Passion, car chaque dramaturgie a son propre découpage et la périodicité est tout aussi variable. Le plus ancien jeu de la Passion encore existant est celui d'Oberammergau, en Bavière, représenté tous les dix ans depuis 1634. Le spectacle, qui se compose de « tableaux vivants », dure sept heures ; il se déroule de mai à septembre, à raison d'une séance tous les deux jours. Le « petit Oberammergau » est celui de Masevaux, en Alsace, proposé en langue germanique. Fondé par l'abbé Louis Alphonse Hassenforder, en 1930, il dure cinq heures et recourt à deux cents acteurs amateurs. Il a lieu lors des six dimanches du carême. Quant à celui de Nancy, il a commencé en 1904 à l'initiative de Mgr Ernest Petit.

Parmi les théâtres de la Passion, mentionnons encore ceux d'Otigheim (Allemagne fédérale), de Tegelen (Pays-Bas), de Montserrat (Espagne), de Sainte-Pazanne (France).

Rédacteur(s)
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : Antiquité - 16ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
  • Allemagne
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
26/05/2026