Panamá
(Le théâtre au)

Après l'indépendance du pays en 1903, on peut considérer Rogelio Sinán (1902-1994) comme le vrai fondateur de la dramaturgie panaméenne. El desquite de Caperucita (La Revanche du Petit Chaperon rouge) et Cucarachita mandinga (La Petite Blatte mandingue), toutes deux de 1937, ont l'apparence de pièces pour enfants, mais leur charge satirique sans équivoque dénonce la situation dans la zone du Canal et l'ingérence des États-Unis. À cette époque il n'y a pas un véritable théâtre professionnel, sauf celui des compagnies étrangères qui se produisent dans le Teatro Nacional, inauguré en 1908.

Durant les années 1940 naît le Teatro experimental de Panamá, animé par Ramón María Condomines et en 1952, la Cooperativa artística teatral istmeña (CATI), deux groupes pionniers. L'exemple de Sinán encourage de nouveaux auteurs : Mario Riera Pinilla 1920-1967), dont la meilleure pièce est La montaña encendida (La Montagne en feu, 1952 ), où il traite du problème de la propriété terrienne ; Ernesto Endara (né en 1932), qui a obtenu le prix Ricardo Miró en 1977 avec Una bandera (Un drapeau) , inspirée des affrontements entre étudiants et militaires nord-américains de la zone du Canal ; et José de Jesús Martínez (né en 1929), le plus important et le plus prolifique. La plupart de ses pièces sont courtes ou de moyenne longueur. Les toutes premières sont apparentées au théâtre de l'absurde : El juicio final (Le Jugement dernier, 1962), Enemigos (Ennemis, 1963) et Segundo asalto (Le Deuxième Assaut, 1968). Dans La guerra del banano (La Guerre de la banane, 1975), il pose le problème de la récupération des richesses aux mains des multinationales. Une nouvelle promotion est composée par Raúl Leis, Alfredo Arango, Edgar Soberón Torchía, Agustín del Rosario, Juan Díaz Lewis, Rosa María Britton et Renato Ozores. Le renouvellement de l'art scénique commence dans les années 1960 avec les groupes universitaires : Teatro Universitario, de José Díaz ; Teatro Club (1961) et Teatro estudiantil panameño (1967), de Miguel Moreno ; Teatro universitario El Búho (1963) et Teatro Laberinto (1984), de Jarl Babot ; Teatro Taller Universitario (1970), de R. Mckay ; Los Trashumantes (1971-1975, création collective), de Manuel de la Rosa ; Teatro Laberinto (1984) de Jarl Babot ; Teatro Gárgolas (1986) et Teatro Popular Universitario (1987), de R. McKay. Depuis les années 1970 l'activité scénique se voit renforcée avec l'émergence de groupes indépendants : Teatro popular panameño (1975), de Lorena Duval ; Junta teatral Victoriano (1976-1981) ; Oveja Negra (1981), de Ileana Solís et Grupo Tablas (1982), de Norman Douglas. Le théâtre panaméen commence à rattraper son retard et à sortir de son isolement. Pour preuve, l'organisation du Festival Internacional de las Artes Escénicas (biennal), qui a lieu depuis 2004 à Panamá, la capitale.

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine

Zone(s) géographique(s) :
  • Panama
Période(s) :
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026