Nicaragua
(Le théâtre au)
Le pays garde encore une riche tradition populaire. El Güegüense est une des rares comédies métisses – mélange de nahuatl et d'espagnol – datant de l'époque coloniale, conservée et transmise par tradition orale et encore représentée dans des villages situés au bord du lac de Masaya. Trois personnalités marquent la première moitié du XXe siècle : Hernán Robleto (1896-1968) fonde à Managua la Compañía Dramática Nacional et crée ses propres pièces, la plus connue étant La rosa del paraíso (La Rose du paradis, 1921) ; Pablo Antonio Cuadra (1912-2002), principal animateur du Movimiento literario de vanguardia (1931) et auteur de plusieurs pièces, la principale étant Por los caminos van los campesinos (Les paysans vont par les chemins, 1937) où il montre les pénuries du Nicaragua rural durant la guerre civile des années vingt ; et José Coronel Urtecho (1906-1984), co-auteur avec Joaquín Pazos de Chinfonía burguesa (Symphonie bourgeoise), pièce avant-gardiste créée en 1939 d'après un poème écrit vers 1931. Tandis que le pays est secoué par l'assassinat du héros nationaliste Augusto Sandino (1895-1934), et que commence la tyrannie d'Anastasio Somoza, Cuadra et Coronel Urtecho fondent le groupe Vanguardia (1935), prolongation théâtrale du groupe littéraire du même nom. Une nouvelle génération arrive : Rolando Steiner (1936-1987), auteur des pièces tels que Judith (1957), Un drama corriente (Un drame ordinaire, 1964) et La puerta (La Porte, 1966) ; Octavio Robleto (né en 1935), connu grâce à ¿Qué pasó en Marimbó ? (Que s'est-il passé à Marimbó ?) et Que las paredes no oigan (Que les murs n'écoutent pas, 1973) ; et Alberto Icaza (né en 1945) remarqué par Asesinato frustrado (Assassinat manqué, 1968) et Ancestral 66 (publiée en 1970). Dans cette pièce il utilise des éléments oniriques et s'inspire de la mythologie indigène.
Depuis les années 1950 plusieurs troupes voient le jour : Compañía dramática Talía (1953) ; Teatro experimental de la Escuela Nacional de Bellas Artes (1955), dirigée par Luis Ranucci ; Teatro experimental de Managua (1961-1978), fondé par Gladys Ramírez de Espinosa et par Gloria Pereira de Belli ; Teatro experimental universitario de León (1961), animé par les metteurs en scènes Ricardo Quintero et Jaime Alberdi ; Comedia Nacional de Nicaragua (1965), fondée par Socorro Bonilla Castellón ; Teatro estudio universitario de León (1970), dirigé par Alan Bolt. L'année même du triomphe de la révolution sandiniste (1979), le Ministère de la Culture crée le Département de théâtre et la Comedia Nacional. Depuis lors se sont constitués des groupes estudiantins, ouvriers et paysans dans tout le territoire. Les plus connus sont : le Teatro experimental Cervantes, le groupe Justo Rufino Garay (Managua), Nixtaloyero (Matagalpa) et Teyocoyani (León). La majorité des spectacles sont de création collective, avec une prédominance de thèmes historiques et sociaux. La Unión de artistas de teatro (UAT) a organisé annuellement des Muestras nacionales de teatro (1980-1983) avec une participation toujours croissante, pour aboutir en 1984 au I Festival Nacional de Teatro.
Bibliographie sélective
- Escenarios de dos mundos , inventario teatral de Iberoamérica, [ed. a cargo del Centro de documentación teatral] ; [dir. Moisés Pérez Coterillo], [Madrid : Centro de documentación teatral], 1988
- Teatro hispanoamericano contemporáneo , 1967-1987, Rosalina Perales, México : Gaceta, 1989-1993
Classement
Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine
- Nicaragua
- 20ème siècle