Miracle

Forme dramatique médiévale où un personnage placé dans une situation critique est sauvé par l'intercession d'un saint ou, le plus souvent, de la Vierge Marie.

Certains drames liturgiques latins du XIIe siècle mettent déjà en scène des saints faiseurs de miracles, mais les plus anciens miracles en langue vulgaire que nous ayons conservés sont le Jeu de saint Nicolas de Jehan Bodel (vers 1200) et le Miracle de Théophile de Rutebeuf (vers 1260-1265). Pour le XIVe siècle, un même manuscrit (dit le ms. Cangé) nous a conservé quarante Miracles de Notre-Dame, qui furent joués entre 1339 et 1382 aux réunions annuelles de la Confrérie des orfèvres de Paris. Le miracle passe ensuite de mode, supplanté par le mystère et la moralité.

Le miracle est un genre qui semble avoir connu son apogée à sa naissance : les œuvres de Bodel et Rutebeuf sont bien supérieures aux miracles du ms. Cangé. Sur un schéma immuable (un grand pécheur se repent et fait appel, jamais en vain, à la miséricorde de la Vierge), ceux-ci déroulent des sujets variés, volontiers mélodramatiques, avec leur content de morts violentes, de passions coupables et de mensonges criminels. Ces appels aux émotions du spectateur et à son goût du suspens compensent mal la fadeur des personnages et la médiocrité du style. Néanmoins, l'abandon du héros, même le pire criminel, au repentir et à la toute-puissance divine garde souvent à ces miracles une fraîcheur dramatique assez troublante.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : Lexique théorique et théoriciens

Période(s) :
  • Moyen âge
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026