Honduras
(Le théâtre au)

Bien qu'État souverain depuis 1839, l'instabilité politique presque chronique du pays – dictatures successives – y a retardé la naissance d'une dramaturgie propre. Un des pionniers de la période contemporaine est Alonso Arturo Brito (1887-1925), auteur de nombreuses comédies de mœurs tel que Un caballero de industria (Un chevalier d'industrie, 1912), souvent représentée par la suite. La construction du Teatro Nacional, inauguré en 1915 à Tegucigalpa, a sans doute encouragé l'activité scénique et l'écriture de pièces, comme Los conspiradores (les Conspirateurs, 1916) de Luis Andrés Zúñiga (1875-1964) et les pièces didactiques de José M. Tobías Rosa (1874-1933). Il faut ajouter la contribution ultérieure de plusieurs auteurs qui consolident l'existence d'une dramaturgie nationale : Daniel Laínez, Medardo Mejía, Ramón Amaya Amador, José María Vásquez, Eduardo Böhr, Julio Escoto, Roberto Soto Rovelo et Isidro España. Le mouvement théâtral prend un essor important avec la présence de l'Espagnol Santiago Toffé, fondateur et directeur du Cuadro artístico hondureño (1955-1957) et de la Escuela nacional de arte dramático (1957-1979). Lui succède Francisco Salvador (né en 1934), créateur du Teatro universitario hondureño (TUH, 1958) qu'il dirige jusqu'en 1973, secondé par Hugo Carrillo et Norma Padilla. En 1956 naît le Grupo dramático de Tegucigalpa, de longue trajectoire, adressé à une élite. Salvador est aussi cofondateur – avec les metteurs en scène Santiago Toffé, Mercedes Agurcia, Manuel Laínez et l'Espagnol Andrés Morris – de la Compañía nacional de teatro (1965, subventionnée par l'État). A. Morris (né en 1928) est l'auteur de : La Tormenta (la Tempête, 1965), El Guarizama (1966), Oficio de hombre (Métier d'homme, 1967) et La miel del abejorro (le Miel du bourdon, 1968) où il traite des problèmes de la société hondurienne. D'autres groupes importants apparaissent : Teatro popular universitario (1969-1982) de Lucy Ondina ; Círculo teatral sampedrano (1969) ; et Teatro experimental universitario La Merced (1972-1977), sorti du TUHL, animé par Rafael Murillo Selva (né en 1940), dont l'apport est incontestable ; il met en scène des pièces de Molière, Weiss et autres. Plus tard, sa création Loubavagu (l'Autre rive lointaine, 1980) avec des habitants de la communauté garífuna de Guadalupe (Honduras) est particulièrement remarquée. Cet élan est suivi par Teatro obrero del pueblo unido (1974-1981) de Miguel Gutiérrez, qui pratique la création collective ; Teatro taller de Tegucigalpa (TTT, 1979), présent en 1986 et 1992 au Festival de Cádiz ; Yamahalá (1981, Santa Bárbara), de Candelario Reyes ; et Rascaniguas (1982), dirigé par Murillo. L'organisation de festivals nationaux à partir de 1968, l'Encuentro centroamericano de Teatro à Tegucigalpa en 1985 et, finalement, la fondation de la Comunidad hondureña de teatristas (COMHTE, 1982) sont quelques indices du développement progressif du théâtre hondurien.

Rédacteur(s)
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine

Zone(s) géographique(s) :
  • Honduras
Période(s) :
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026