Guignol
Même si son nom est devenu le synonyme de marionnette, le personnage a une origine lyonnaise et populaire.
Au lendemain de la Révolution, à Lyon, la famine contraint les ouvriers de la soie à se reconvertir. Laurent Mourguet (1769-1844) se fait marchand forain, arracheur de dents et marionnettiste. Il anime un Polichinelle, à qui il joint un compère pour lui donner la réplique, mais qui, aimant trop le vin, n'est pas souvent en condition de le faire. Mourguet sculpte un personnage à son effigie : Gnafron est né. Guignol fut créé ensuite, et Mourguet lui donna ses propres traits.
Entre 1840 et 1870, le théâtre de Guignol connut un succès étonnant, le personnage jouant le rôle d'amuseur mais aussi de gazette. Vu le succès du castelet, les textes sont soumis dès 1849 à une censure préalable de la préfecture. Rude coup pour la liberté d'expression et pour les canevas des spectacles qui ne seront jamais écrits tels qu'on les représentait. Napoléon Vuillerne-Dunand rédige alors des textes squelettiques pour ne pas choquer les autorités. Jean Baptiste Onofrio, magistrat lyonnais, édite en 1860 les premiers recueils des textes de Guignol, adaptés au goût des salons : le Guignol malicieux, grogneur, plaisantin de Mourguet vivait ses dernières années. Guignol connut encore des moments heureux au début du XXe siècle, avec Pierre et Émile Neichthauser, puis la tradition a sclérosé le personnage.
Bibliographie sélective
- L'Histoire véritable de Guignol , Paul Fournel, ParisGenève : Slatkine, 1983
Classement
Spécialité : Institutions et lieux
- France
- 18ème siècle
- 19ème siècle
- 20ème siècle