Four
Faire four ou faire un four, c'est essuyer un échec complet. À l'origine, ce terme s'employait lorsque les comédiens, constatant que la recette était insuffisante pour couvrir les frais, refusaient de jouer et remboursaient les spectateurs présents : on éteignait les lumières et il faisait dans le théâtre noir « comme dans un four ». Dans la langue du XVIe siècle, éclairer = apporter de l'argent (d'où éclairer le tapis = miser, en terme de jeu). Quand une pièce n'éclaire pas, il fait noir dans le théâtre comme dans un four (Esnault, Dictionnaire des argots, Larousse.)
Il en est né une légende selon laquelle on ne serait pas obligé de jouer dans le cas où le nombre des acteurs sur le plateau est supérieur à celui des spectateurs dans la salle. Or, en droit, l'achat d'un billet conclut un contrat que l'une des parties ne peut rompre sans l'accord de l'autre. On cite le fait que Jouvet aurait joué un jour devant un seul spectateur qui l'avait exigé.
Équivalents : faire fiasco (italien), ramasser une gadiche, prendre une tape, faire un flop, un bide . Cette dernière expression s'emploie aussi lorsqu'une scène n'a pas produit l'effet escompté sur les spectateurs. Elle se traduit par un geste significatif de l'acteur se frappant sur le ventre à sa sortie de scène. Peut-être un avatar de l'expression sortir sur le ventre.
Antonymes : aller aux nues, faire un tabac, faire un malheur, casser la baraque, bourrer, faire chambrée.
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens
- France
- Renaissance
- 17ème siècle
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- 21ème siècle