Fasciste
(Le théâtre)
Dès 1922, avec l'arrivée au pouvoir de Mussolini le fascisme prend en charge les loisirs des travailleurs. Une organisation de masse est créée, le Dopolavoro (Loisirs des ouvriers) qui veut faire une large place au théâtre considéré comme « source d'éducation civique et spirituelle ». Pour ce faire, il favorise l'essor des « sociétés philodramatiques » qui, outre les représentations, organisent des conférences, des bibliothèques théâtrales, des écoles de diction et des concours. À la veille de la guerre de 1940-1945, ces sociétés disposent de plus de mille lieux scéniques avec un chiffre de représentations atteignant vingt-cinq mille. De toutes les réalisations du Dopolavoro, la plus intéressante est, sans doute, celle des Chars de Thespis, théâtres ambulants disposant d'un matériel très élaboré et capables de donner des représentations devant plusieurs milliers de spectateurs. On y joue, entre autres, Jules César et Coriolan de Shakespeare. Parmi tous les Chars de Thespis, celui consacré à l'art lyrique a une importance particulière. Il donne des œuvres de Verdi, Puccini, Rossini et Bellini devant plus d'un million de spectateurs. Enfin, grâce aux Samedis théâtraux, les adhérents du Dopolavoro obtiennent des places à très bas prix dans les grands théâtres dramatiques et lyriques. On peut dire que le régime fasciste favorisa largement le théâtre populaire, mais que les contrôles exercés sur le répertoire et le choix des interprètes rendirent impossible l'éclosion de nouveaux talents qui durent attendre la fin de la guerre pour s'exprimer.
Bibliographie sélective
- L'Oeuvre nationale "dopolavoro" [L'Opera nazionale "dopolavoro"]... 2e édition , Traduit de l'italien par Ch. Belin, Roma, [1938-] XVI
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens
- Italie
- 20ème siècle