El salvador
(Le théâtre au)

Ce pays indépendant depuis 1826, souvent soumis à la dictature, a connu aussi la guerre civile et, plus récemment, la révolution sandiniste. L'Espagnol Gerardo de Nieva créa la Escuela Nacional de Arte Dramático en 1928, dont il fut le directeur jusqu'en 1935. Le théâtre contemporain commence avec l'écrivain Francisco Gavidia (1863-1955) qui cultive aussi le drame. La torre de marfil (La Tour d'ivoire, 1930) dénonce la répression exercée sur les paysans. La pièce anticipe le massacre des paysans en 1932, sous la dictature de Maximiliano Hernández Martínez. Il est épaulé par Joaquín Emilio Aragón (1887-1938), qui écrit La propia vida (Une vie à soi, 1926) de facture pirandellienne ; et parJosé Llerena (1895-1943), auteur surtout de drames sociaux comme Corazón del hombre (Le Cœur de l'homme, 1924). Le mouvement théâtral commence à se renouveler au milieu du XXe siècle, avec la création de la troupe Elenco Estable de Bellas Artes (1950), dirigée par l'Argentin Darío Cossier (1907-1991), remplacé en 1952 par l'Espagnol Edmundo Barbero (1899-1985), considéré unanimement comme un pilier de la scène salvadorienne. Forcé à l'exil en 1955, suspect d'être communiste, il a pu revenir en 1958 pour, successivement, remplacer André Moreau à la direction du Teatro Universitario (fondé en 1956) ; pour animer le Grupo experimental El Colibrí (indépendant) ; et assurer la direction du Centro Nacional de Artes. Parallèlement apparaissent de nouveaux dramaturges influencés par les courants européens de l'après-guerre : Álvaro Menén Desleal (né en 1931), auteur de Luz negra (Lumière noire, 1966) ; Roberto Arturo Menéndez (né en 1930), qui écrit Los desplazados (Les Exclus, 1958) et La ira del cordero (La Furie du mouton, 1959) ; l'auteur diplomate Walter Béneke (1930-1982), dont l'œuvre la plus connue est Funeral Home (Funérailles domestiques), écrite en 1956 ; Roberto Armijo (né en 1937), remarqué par sa pièce : Jugando a la gallina ciega (En jouant à la poule aveugle, 1966) ; José Roberto Cea (né en 1939), auteur de Las escenas cumbres (Les Scènes essentielles, 1983) ; et José Napoleón Rodríguez Ruiz (né en 1930), connu par Anastasio Rey (Le Roi Anastasio, 1970). Parmi les groupes apparus depuis les années 1970 se sont distingués : le Teatro Sol del Río 32 (1973), exilé entre 1980 et 1988 ; Grupo Maíz, de Dimas Castellón ; Teatro universitario de Santa Ana, de Norman Douglas ; Teatro universitario de San Miguel, de David Humberto Trejo ; Sueños de vida (universitaire), de Edgar Roberto Gustave ; Grupo Hamlet, de Nelson Portillo ; et Acto Teatro (1979-1981), de Roberto Salomón (né en 1945), qui avait aussi dirigé le Teatro Nacional (1975-1979) et s'est exilé en Suisse en 1981. On peut conclure que, malgré le contexte politique défavorable du Salvador, la création théâtrale s'est développée sur tous les plans, mais il reste encore beaucoup à faire pour atteindre un niveau professionnel, qui permette aux gens de théâtre de se consacrer pleinement à leur métier.

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine

Zone(s) géographique(s) :
  • Salvador
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
16/06/2026