Drame biblique
Réplique luthérienne à la tradition médiévale des jeux de la Passion, le genre se développe en Allemagne après 1525. Dès 1519, Luther avait mis l'accent sur l'Imitatio Christi, impliquant une hostilité à la représentation matérielle des souffrances du Christ. Mais contrairement à Calvin, qui bannit le théâtre de Genève, il insistera sur la valeur pédagogique de la scène, qu'il considérera comme un complément indispensable de la prédication. Spontanément ou, plus tard, suivant ses instructions, les auteurs puisent dans la Bible les personnages et les thèmes pouvant servir de vecteurs à ses positions théologiques comme à ses préceptes de morale pratique. La parabole de l'enfant prodigue, Lazare et l'homme riche, Tobie, Suzanne, Judith et surtout Joseph (une trentaine de pièces entre 1533 et 1625) seront les supports privilégiés. La pièce qui inaugure ce genre nouveau est due à un moine franciscain converti au luthéranisme, Burckhard Waldis (1490-1556), qui fait jouer à Riga, le jour du carnaval 1527, De Parabell vam vorlorn Szohn (la Parabole de l'enfant prodigue). Comme dans le sermon, la technique est celle de l'exemplum, ou du didactisme par le négatif, permettant, avant la conversion finale, un certain déploiement du réalisme et de l'analyse psychologique. Mais les commentaires doctrinaux du meneur de jeu occupent près d'un tiers de la pièce, qui, écrite en dialecte bas-allemand, illustre les conceptions luthériennes du salut par la foi seule. Les principaux auteurs sont : Sixt Birk, Suzanne, 1532 ; Paul Rebhuhn, Joseph, 1533, Suzanne, 1535 ; Thiebolt Gart, Joseph, 1540 ; Johannes Stricker, De duedesche Schloemer (le Débauché allemand), 1584.
Bibliographie sélective
- Salvator mundi , l'« exemple » de Joseph dans le théâtre allemand au XVIe siècle, Jean Lebeau, Niewkoop [Pays-Bas] : B. De Graaf, 1977
- Das Deutsche Drama der Reformationszeit , Wolfgang F. Michael, Nancy : P. Lang, cop. 1984.
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens
- France
- Renaissance