Débuts
Épreuve à laquelle était soumis tout acteur admis dans une troupe. C'était une façon de le présenter au public et de le faire agréer : une véritable clause d'essai. Les rôles dans lesquels l'acteur effectuait ses débuts – trois en principe – étaient choisis par lui, dans son emploi, avec l'accord de la direction. Il tenait en effet à se présenter à son avantage car de mauvais débuts pouvaient entraîner la résiliation du contrat. Le débutant qui était « rejeté » « remportait sa veste » (l'expression a été étendue aux élections politiques).
À l'occasion du renouvellement annuel de la troupe, après Pâques, à la Comédie-Française, à l'Odéon, des acteurs de province pouvaient être invités à participer aux représentations et courir ainsi la chance de se faire engager. En province, le public se montrait souvent extrêmement difficile et les débuts donnaient lieu à des manifestations violentes justifiant parfois l'intervention de la police. L'ordonnance du 24 nivôse an X prévoyait que la garde serait accrue ces soirs-là. On a connu le cas d'acteurs demandant la résiliation de leur contrat pour « malveillance du public ». On continue d'annoncer que tel acteur fera ses débuts à la Comédie-Française dans tel rôle. Mais cette mention signifie seulement que ce sera sa première apparition sur cette scène, et son contrat ne saurait en dépendre.
Ordre de début
Sous l'Ancien Régime, les gentilshommes de la Chambre du roi pouvaient adresser à un acteur de Paris ou de province l'« ordre de débuter » dans un théâtre soumis à leur autorité (Opéra, Opéra-Comique, Comédie-Française). L'acteur désigné devait déférer à cet ordre sous peine d'être interdit de paraître dans aucun théâtre de France. Cette pratique, interrompue pendant la Révolution, n'a été abolie qu'en 1830.