Armées
(Théâtre aux)
Séries de représentations données au front, au cours des deux dernières guerres mondiales. Napoléon, déjà, proposait du théâtre aux armées, mais de façon non institutionnalisée, contrairement à ce qui se produit en 1916, quand, à l'initiative d'Albert Dalimier, sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts et sous la présidence d'Émile Fabre, administrateur général de la Comédie-Française, des représentations théâtrales sont organisées à proximité du front avec la participation de nombreux comédiens des différents théâtres de Paris, ainsi que d'artistes de variétés. Les comédiens-français y contribuent largement. Parmi les actrices de la troupe : Dussane, Élisabeth Nizan, Sorel. En 1939, un décret portant la signature d'Édouard Daladier (ministre de la Défense nationale, de la Guerre et des Affaires Étrangères) et d'Yvon Delbos (ministre de l'Éducation nationale) crée au ministère de l'Éducation nationale, sous la dénomination « lectures, arts et loisirs aux armées », un service « ayant pour objet la coordination et le contrôle, d'accord avec l'autorité militaire, de toutes les initiatives tendant à assurer le confort intellectuel et la distraction des troupes situées dans la zone des armées et à l'intérieur ». Pourtant, le 10 janvier 1940, le général Huntziger, commandant la IIe armée, estimant que les services du Théâtre aux armées sont « trop rares », crée à Verdun le Centre musical et théâtral (CMT) de la IIe armée, dont les tournées ne devaient pas remplacer les manifestations organisées par les grandes unités et les corps de troupe, mais se surajoutaient. Malgré cela, on peut dire que le Théâtre aux armées ne semble pas constituer une préoccupation majeure de l'État.
Classement
Spécialité : Institutions et lieux
- France
- 20ème siècle