VELITCHKOV Mikaïl
Auteur dramatique bulgare, critique et théoricien du théâtre.
Le trait dominant de sa dramaturgie est l'élément analytique, psychologique, allié à l'absurde. C'est à lui que l'on doit quelques-uns des plus grands succès du genre intimiste auquel il s'est intéressé le premier dès le début des années soixante. Il n'a pas recours à des situations extrêmes, mais sait découvrir avec une grande finesse d'observation le drame humain caché sous les manifestations les plus anodines. Les pièces de Velitchkov, où le nombre des personnages est ordinairement limité à deux ou trois, sont adaptables aussi bien à la radio qu'à la télévision ou au théâtre. Nous avons mangé des gâteaux (Jadohme sladki), Une belle journée comme celle-ci (Edin dobar den kato tozi), Parfois les grandes ailes bleues (Poniakoga goliamite cini krila), Un air de blues dans la nuit (Noch i nejen blous), ont été diffusées sur France-Culture respectivement en 1967, 1970, 1980, 1988. Certaines d'entre elles ont été diffusées à la radio à Munich, à Cologne, au Canada, aux Pays-Bas, en Pologne, en Yougoslavie, ou réalisées en téléfilms (en Hongrie). Le tragi-comique est la principale ligne de force de la dramaturgie de Velitchkov.
Le thème de l'impossibilité de se fuir soi-même et de fuir les autres domine dans nombre de ses pièces mais plus particulièrement dans La Fugue (Biagstvoto), histoire de deux vieilles femmes. Outre les adaptations radiodiffusées, la pièce a été mise en scène en Allemagne fédérale, en Finlande, en Union soviétique, et tournée en téléfilm au Danemark et en Grèce ; sa pièce L'Arrêt (Spirkata) a été mentionnée à la toute première place au palmarès du Grand prix littéraire d'art dramatique du casino d'Enghien (1971). Velitchkov a développé ses conceptions de la dramaturgie analytico-psychologique sur le plan théorique dans ses Cahiers de dramaturgie (revue Théâtre, Sofia, 1984). En 1989, la revue clandestine Most (Pont) a publié sa pièce Gospodi pomilouï (Seigneur, aie pitié de nous) : elle traite de la peur paralysante et de la violence en ces temps de pouvoir communiste, qui dépersonnalisent l'individu et le culpabilisent. La pièce a acquis désormais une notoriété officielle et figurait même au répertoire plutôt conformiste à cette époque du théâtre national de Sofia. Sa tragi-comédie Proischestvie s floumastera (L'Incident du crayon-feutre) qui à cause de sa critique sévère de l'arrogance du régime communiste avait suscité un scandale lors de la première représentation en 1983, entraînant son interdiction immédiate, donna le signal du combat contre les restrictions culturelles du totalitarisme.
Classement
Spécialité : Europe centrale et Russie
- Bulgarie
- 20ème siècle
- 21ème siècle