SACHS Hans
Poète allemand.
Le plus célèbre maître chanteur (Meistersinger) de Nuremberg, ville où, à part les années de compagnonnage dans les régions du Danube et du Rhin, il a passé toute sa vie.
Ce « cordonnier-poète » a connu au XIXe siècle une étonnante résurgence avec les romantiques et surtout dans la mythologie wagnérienne. Extrêmement productif, il a laissé des centaines de Meisterlieder, des fabliaux rimés, des dialogues, soixante tragédies et soixante-dix comédies, jamais jouées depuis le XVIe siècle, et près de quatre-vingts jeux de carnaval, dont quelques-uns sont encore mis en scène de nos jours à l'occasion de festivités commémoratives. L'œuvre théâtrale de Sachs participe largement au processus de décarnavalisation et de moralisation que traverse la scène allemande à partir de la Réforme. Ses premières pièces sont des moralités et, dans la plupart de ses jeux de carnaval, écrits entre 1550 et 1560, il pratique un réalisme didactique visant à diffuser sur le mode plaisant les principes de la morale conjugale formulés par Luther. Mais s'il évite la truculence très appuyée qui était le trait distinctif du genre à ses origines, il ne donne pas dans le didactisme massif et prédicant adopté par la plupart de ses contemporains, et ses jeux les meilleurs maintiennent un équilibre entre la leçon morale et le divertissement farcesque. Avec lui, les tendances formelles et scéniques apparues dans la seconde phase du jeu de carnaval s'accentuent. Ses pièces marquent le passage définitif de la scène simultanée ou de l'absence de scène à la scène surélevée avec entrées et sorties de personnages, du spectacle en plein air ou en auberge à la représentation en un lieu fermé et spécialisé.
Classement
Spécialité : Espace germanique
- Allemagne
- Renaissance