OLMO Lauro
Auteur dramatique espagnol
Il fut l'un des premiers représentants en Espagne, après la guerre civile, du théâtre de dénonciation sociale et de révolte politique. La Camisa (La Chemise), qui avait reçu le Prix Valle-Inclán en 1961, obtint un immense succès dès sa première représentation, au théâtre Goya de Madrid, le 8 mars 1962. Reflet fidèle et sarcastique de son époque, la pièce évoque la vie de prolétaires d'une banlieue de Madrid, usant de mille subterfuges pour assurer leur subsistance, contraints par la misère ou le chômage à partir chercher du travail en Allemagne. La langue populaire, salace et ironique, donne un vif relief de vérité et de naturel aux personnages hauts en couleur de cette « tragédie du déracinement ». La veine satirique et critique de l'inspiration se prolonge dans d'autres œuvres dramatiques, d'un expressionnisme souvent cinglant : La Condecoración (La Décoration, interdite par la censure franquiste, représenté à Bordeaux en 1965) met en scène la révolte d'un fils à l'idéal révolutionnaire contre l'idéologie phalangiste de son père . Mare Nostrum (1966) accentue le naturalisme jusqu'à la cruauté pour dénoncer les tares du régime de Franco. El cuerpo (Le Corps, 1966), La Pechuga de la sardina (La Chair de la sardine, 1967, sur la prostitution), English spoken (1968).
El cuarto poder (Le Quatrième Pouvoir, 1964) rassemble six courtes pièces, écrites entre 1963 et 1967, ayant pour sujet les pouvoirs de la presse : La noticia ; Nuevo retablo de las maravillas y olé ; El mundillo utópico ; De cómo el hombre limpión tiró de la manta ; El soplo . Un critique réputé, Ricardo Doménech, appréciait ainsi cet ensemble : « Esprit critique, imagination, expérimentation de formes dramatiques, grâce expressive, théâtralité et modernité : il y a de tout cela, à foison, dans les pièces qui composent El cuarto poder. » Leonidas el Grande (1972) est une fable politique contre la dictature dans un crépitement outré des mots, des sons et du langage. L'œuvre dramatique se poursuivra dans cette ligne d'inspiration, faite d'indignation et de protestation contre l'injustice sociale et d'une profonde sympathie avec les modes de pensée ou de vivre du peuple espagnol : Historia de un pechicidio (Histoire d'une mutilation, 1974), farce dramatique dénonçant les falsifications de la vérité politique par un pouvoir dictatorial, où la protagoniste, Brígida, se coupe les seins par amour et non pas, comme on le prétend, pour échapper à la tentation ; Menos « bla-bla » y más hechos (Moins de bla-bla et plus d'actions, 1977), est une œuvre de propagande électorale, destinée à soutenir le Parti Communiste ; Don Especulón (1979) est une pièce de guignol contre la spéculation immobilière ; José García (1979), Pablo Iglesias (1984), La jerga nacional (L'Argot national, 1986).
Outre des recueils de poésies, des romans et de brefs récits, Olmo, en collaboration avec son épouse, Pilar Enciso, écrivit diverses pièces de théâtre pour enfants (Teatro infantil. I y II, 1987).
Bibliographie sélective
- Teatro español contemporáneo , [textos escogidos y presentados por] Emmanuel Larraz,.., Paris : Masson, 1973
Classement
Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine
- Espagne
- 20ème siècle