NISARD Désiré
Critique littéraire français, le plus brillant des critiques libéraux conservateurs du XIXe siècle.
Critique à la Revue de Paris de tendance libérale (c'est-à-dire liée à la grande bourgeoisie d'affaires), il passe sa vie à pourfendre le romantisme et particulièrement le drame, dès 1833 (« Manifeste contre la littérature facile ») ; il renouvelle l'attaque en 1834 avec Les Poètes latins de la Décadence, qui lui sert, sous couleur d'attaquer Lucain et Sénèque, ces décadents, à vilipender les romantiques et surtout Hugo. Critique officiel, professeur à la Sorbonne, au Collège de France, à l'École normale supérieure qu'il dirigea de 1857 à 1867, élu contre Musset à l'Académie française en 1850, il soutient avec autorité une thèse radicale : la littérature et, comme il le dit, l'« esprit français » ont connu leur apogée sous Louis XIV avec Corneille, Molière, Racine (et il démontre à la bourgeoisie française de 1830 qu'elle est l'héritière du Grand Siècle), tandis que la littérature du XIXe siècle est minée par une décadence due, pour une bonne part, aux influences étrangères. Telle est l'idée maîtresse de sa grande Histoire de la littérature française (1844-1861). Hugo s'en moquait allègrement : « Un âne nommé Nisard brait » ; mais on ne saurait sous-estimer son influence sur l'Université qui fit siennes beaucoup de ses thèses ; sa postérité se nomme Brunetière, Faguet, le baron Seillère, Maurras, mais parfois aussi Lanson.
Classement
Spécialité : 19ème et début 20ème siècle
- France
- 19ème siècle