LENAU Nikolaus
Pseudonyme de Nikolaus Niembsch von Strehlenau
Auteur dramatique et poète autrichien
Un des meilleurs poètes lyriques de langue allemande dans la première moitié du XIXe siècle. D'une grande instabilité affective, et souffrant de troubles psychiques graves, il est interné pendant les dernières années de sa vie.
La plupart de ses œuvres sont marquées par un pessimisme et une mélancolie qui sont aussi le reflet du mal de vivre propre à sa génération. Il a laissé de nombreux poèmes, dont certains, mis en musique par Liszt et par Schumann, sont devenus populaires, et deux épopées : Savonarole (1837), Die Albigenser (Les Albigeois, 1842). Malgré de fortes réserves, d'ordre esthétique et social, envers le théâtre, il a écrit deux drames : Faust (1836 ; première : Sommerhausen, 1954) et Don Juan, œuvre posthume (1851). Faust est une série discontinue de vingt-quatre tableaux, où alternent les séquences dramatiques et les séquences narratives. La récurrence de réseaux métaphoriques et la présence du personnage central assurent la cohérence profonde. Faust, à la recherche de la vérité, vit dans la tension entre la science et la foi, entre l'athéisme et le christianisme. Sa quête tumultueuse s'achève dans le doute universel et par le suicide. On est tenté d'y voir une réponse nihiliste au Faust de Goethe (achevé en 1831) et un retour à l'esprit de l'Histoire du docteur Faust du XVIe siècle, avec la foi protestante en moins. C'est une œuvre où l'on décèle « les poncifs du romantisme noir » (Henri Plard), mais qui ne manque pas de force et à laquelle l'affleurement de l'autobiographie poétique confère parfois une coloration de poignante authenticité. Le même désespoir est lisible dans les vingt scènes de Don Juan. Ici, Lenau s'écarte de la tradition ; Don Juan n'est pas foudroyé par la justice divine : au moment où, dans un duel, il va dominer son adversaire, il jette son épée et se laisse transpercer, car « cela aussi m'ennuie, comme la vie tout entière ». Ce drame n'est pas, comme on l'a prétendu, une œuvre de la folie. Écrit en une langue très maîtrisée, qui dégage parfois un lyrisme puissant, c'est une œuvre étonnamment moderne, qui attend encore sa réhabilitation à la scène.
Bibliographie sélective
- Savonarola , Nikolaus Lenau ; hrsg. von Helmut Brandt und Gerhard Kosellek, Wien : Deuticke[Stuttgart] : Klett-Cotta, 2004
- Lenau, poète rebelle et libertaire , Jean-Pierre Hammer, [Paris] : Aubier, DL 1987
- Itinéraire et mythe personnel de Nikolaus Lenau, poète , Lille : A.N.R.T., 1985
Classement
Spécialité : 19ème et début 20ème siècle
- Hongrie
- Autriche
- Allemagne
- 19ème siècle