KERMANN Patrick
Auteur dramatique français
Sa carrière débute à la fin des années 1980. On lui doit notamment : Naufrage (m. en sc. J.-C. Rousseau, Théâtre 14, Paris, 1989) ; Suaires-Les Petites Morts, la Dolence des vivants (m. en espace D. Martin, Festival de la Mousson d'été, 1996) ; De quelques choses vues la nuit et Les Tristes Champs d'Asphodèles (m. en sc. S. Oswald, G. Martinez, Théâtre de la Digue, Toulouse, 1996 et 1997) ; La Blessure de l'ange (madrigal en deux fois « quatre saisons », musique M. Wintsch, Radio suisse romande, 1997) ; Thrène (m. en sc. C. Bokhobza, Théâtre des Malassis, Bagnolet, 1998) ; The Great Disaster, Tragédie maritime pour 2201 personnages et 3177 petites cuillères (m. en sc. A.L. Liégeois, Théâtre du Festin/Scène nationale de Fécamp, 1999) ; La Mastication des morts, Oratorio in progress (m. en sc. S. Oswald, Groupe Merci, La Chartreuse – CNES Villeneuve-lez-Avignon, 1999) ; Leçons de ténèbres (m. en sc. G. Delamotte, Panta Théâtre, Caen, 2000) ; Vertiges (pour sept acteurs-chanteurs-instrumentistes, un quatuor vocal et un orchestre de huit musiciens, m. en sc. C. Dormoy, Scène nationale de Poitiers, 2000) ; Du diktat (co-signé avec D. Lemahieu, musique de F. Téhéricsen, opéra pour quatre instrumentistes, quatuor vocal, chœurs et dispositif électroacoustique, m. en sc. A Juliens, Centre culturel Aragon-Triolet, Orly, 2000) ; Seuils (m. en sc. K. Antonakaki, E. Jorand Briquet, C ie Éclats d'États, Maison du Théâtre, Amiens, 2001) ; Prédelle Divertissement Orphique (m. en sc. C. Bokhobza, Théâtre du Rond-Point, 2002).
Fondée sur une polyphonie des voix, cette fabrique du texte révèle un théâtre du désastre après la catastrophe de la Shoah. Sur la scène, lieu rituel entre visible et invisible, devenue territoire de la mort, des spectres et des ombres, les figures n'ont pas de visage, pas de nom, pas de sexe, ni généalogie ni destin assignables. Elles existent au croisement d'une combinatoire de traces éparses, de bribes de mémoire, de morceaux de passé, ou bien elles exacerbent le ressassement sempiternel d'écervelés à la langue appauvrie, fossilisée, une humanité gangrenée par la société du spectacle. Est exhibé ici le fragmentaire ruiniforme de discours effondrés. Seul le rythme de l'écrit lui-même tisse et noue encore les corps : un mot récurrent, un groupe de sonorités, une structure syntaxique répétée et déclinée en de nombreuses anamorphoses. En dépit de la gravité des propos, ce théâtre disloqué croise drôlerie et pathétique, humour et dérision de nos mondes en pleine déréliction.
Bibliographie sélective
- De quelques choses vues la nuit , Patrick Kermann, Paris : Théâtre ouvert, 1994
- Les tristes champs d'asphodèles , Patrick Kermann, Villiers-sur-Marne : Phénix éd., 2002
- La mastication des morts , oratorio in progress, Patrick Kermann, Carnières-Morlanwelz (Belgique) : Lansman, 2002
Classement
Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle
- France
- 20ème siècle