JODELLE Étienne
Poète et dramaturge français.
Issu d'une famille bourgeoise, il fait de bonnes études au collège de Boncourt, où il est l'élève de Muret. Jeune homme doué et brillant, il écrit des poèmes latins et français ; il est connu dès 1549 et apparaît comme un rival possible de Ronsard. En 1552, il fait jouer une comédie, l'Eugène, et en 1553 une tragédie, Cléopâtre captive. C'est un grand succès, suivi d'une bizarre cérémonie païenne au cours de laquelle un bouc est sacrifié, ce qui scandalise dévots et bien-pensants. Il écrit, probablement en 1558, la Rencontre (comédie) et Didon se sacrifiant (tragédie), où l'on veut voir des attaques contre la religion. De plus en plus marginal, endetté, abandonné de ses amis, Jodelle continue cependant à écrire et à publier des vers français et latins. Il meurt dans la misère et la solitude.
Poète mal connu et méconnu, une part importante de sa production (dont la Rencontre) est perdue. Ses contemporains lui trouvent des éclairs de génie, parfois divins ou démoniaques. Il semble avoir connu les philosophes platoniciens et gnostiques, d'où une poésie savante et parfois difficile.
Jodelle est le premier à avoir écrit des tragédies en vers français, inspirées de modèles antiques et respectant les règles inspirées d'Horace. Si l'action de ces pièces est sans surprise, car l'histoire est simple et bien connue, elle est exposée selon des procédés variés qui maintiennent l'intérêt : déclamations lyriques, dialogues rapides, récits, chœurs ; variété qui va, dans Cléopâtre, jusqu'à l'emploi de sept mètres différents, dont le trisyllabe. Didon se sacrifiant a plus de sobriété ; en particulier, la langue de Jodelle est plus simple que celle de beaucoup de ses contemporains, et ses vers sont souvent mélodieux et émouvants. Jodelle a su composer quelques personnages forts : Didon, et surtout Cléopâtre, à la fois reine, tantôt rusée, tantôt violente, mais digne, et femme passionnée.
Classement
Spécialité : Antiquité - 16ème siècle
- France
- Renaissance