GELBER Jack
Auteur dramatique américain d'origine juive russe.
En 1959, sa pièce Le Contact (The Connection), montée par le Living Theatre, fait sensation. Combinant improvisation véritable et improvisation jouée, la pièce se présente comme une expérience de théâtre-vérité : la fiction de départ est de montrer aux spectateurs de vrais drogués à qui l'on a demandé, contre rémunération, de jouer une dramatique télévisée sur eux-mêmes. L'illusion est entretenue non seulement par les caméras et les techniciens présents sur scène mais aussi par le fait que de vrais musiciens de jazz réalisent, pendant une bonne heure de spectacle, une « jam session ». Il y a là, comme disait Sartre à propos de Genet, un « tourniquet d'apparence et de réalité ». La pièce, après les États-Unis, fait le tour de l'Europe : « Il fallait, disait Julian Beck, montrer que nous sommes tous en état de manque. » En 1961, La Pomme (The Apple, toujours écrit pour le Living Theatre), utilise également les techniques de l'improvisation. La salle de théâtre est transformée en salle de café et les personnages – un Noir, un juif, un homosexuel, un mongolien, une prostituée, un ivrogne – empruntent le nom véritable des comédiens qui les incarnent. Le travail de Gelber s'accordait très précisément à la sensibilité de la nouvelle avant-garde. Mais ses pièces suivantes, après le départ du Living Theatre pour l'Europe, ne connurent pas le même succès. Citons Square in the Eye (Droit dans les yeux, 1965), The Cuban Thing (L'Affaire cubaine, 1968), Sleep (Le Sommeil, 1972). En 1973, il adapte pour le théâtre Barbary Shore, de Norman Mailer. Puis il a encore écrit, avec des fortunes diverses, Farm Yard (1975), Rehearsal (1976), Starters (1980), Big Slot (1988), Magic Valley (1990).
Classement
Spécialité : Amérique du Nord et Iles Britanniques
- États-Unis
- 20ème siècle