FOISSY Guy

Dakar, 1932 - Mandelieu-la-Napoule, 2021

Auteur dramatique français.

Il a écrit quelque soixante pièces, presque toutes jouées et, pour une bonne moitié, éditées. Foissy, qui a débuté avec L'Entreprise et l'Arthrite (m. en sc. Périnetti, 1965 et 1966), a été beaucoup joué, pendant une dizaine d'années, par les centres dramatiques de province, puis de nouveau en France et à l'étranger par de jeunes compagnies ; il existe même à Tokyo un théâtre qui porte son nom et qui ne joue que ses pièces (Chicago Blues y a été créé en 1983, ainsi que Commissaire Badouz en 1992).

Foissy a l'œil – mais un œil où passent des lueurs d'humour plus lucide qu'amer – rivé sur les existences les plus plates. Paradoxalement – et c'est là que l'imagination reprend ses droits – ces platitudes (de petits employés, de retraités, en un mot de Français à peine moyens) sont soufflées par un besoin de parole qui tombe parfois dans la logorrhée mais qui révèle, dans cet excès de verbosité même, l'impuissance à communiquer comme à se satisfaire de soi (Le Voyage au Brésil, m. en sc. Périnetti-Folon, 1968), les rancunes et les violences sans objet et, par ce fait même, plus brutales (En regardant tomber les murs, m. en sc. Périnetti, 1966). Le personnage de Foissy se sent d'autant plus le centre du monde et agressé qu'il est insignifiant (L'Événement, m. en sc. Périnetti, 1965). Peintre de l'échec (La Crique, 1978), de la vieillesse (Attendons la fanfare, 1975), des fantasmes en tout genre (36.15 : Jeanne l'artiste, m. en sc. Dupireux, 1989), Foissy réussit, surtout dans ses pièces courtes (L'Escargot, 1980, La Goutte, 1978), à tirer le maximum du banal et de l'insolite, mieux, à dégager l'insolite du banal. Foissy cultive un certain goût de l'absurde et du délire dans de courtes pièces ou des pochades comme l'Infanticide ; il se fait le témoin aigu de toutes les misères de la vie quotidienne. Sans changer de manière il continue à inventer situations et dialogues dérisoires : Loin du Golfe, 1994 ; La Société des alloqués, m. en sc. Vitaly, 1995. Dans À l'enterrement d'une page blanche, avec un humour dirigé contre lui-même, Foissy raconte les conversations qui ont lieu lors de son enterrement : c'est d'un pirandellisme autodestructeur assez réjouissant !

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
  • Japon
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
30/04/2026

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Guy Foissy