DÍAZ Jorge

Rosario de Santa Fe, 1930 - Santiago, 2007

Auteur dramatique chilien, un des plus importants et des plus prolifiques de son époque en Amérique latine. Environ 120 pièces dont une quarantaine pour enfants et des textes pour la radio et la télévision.

Né de parents espagnols en Argentine, il vit au Chili entre 1934 et 1965, où il obtient un diplôme d'architecte. Il entre en 1959 à la compagnie Ictus qui représente ses premières pièces : El Cepillo de dientes (la Brosse à dents, 1961, 2e version en 1966), Réquiem por un girasol (Requiem pour un tournesol, 1961), El velero en la botella (le Voilier dans la bouteille, 1962), El Nudo ciego (le Nœud gordien, 1965) et d'autres. Le manque de communication et la déshumanisation des individus sont ses thèmes de prédilection à cette époque, à travers des formes non réalistes et avec un usage subtil de l'humour noir. En 1965, il part pour l'Espagne, où il réside jusqu'à 1994. Depuis Topografía de un desnudo (Topographie d'un nu, 1967) la problématique sociale s'accentue considérablement. Composition riche de procédés très divers, la pièce s'est inspirée d'un fait réel : la disparition d'une trentaine de mendiants au Brésil, victimes d'une action policière préméditée. Avec des comédiens espagnols et chiliens, il fonde la compagnie Nuevo Mundo (1969-1973), qui représente aussi certaines de ses nouvelles pièces : La Pancarta (la Pancarte, 1971), Americaliente (Amérique chaude), 1971. D'autres pièces traitent de l'exil : Ligeros de equipaje (Avec peu de bagages, 1982) et Dicen que la distancia es el olvido (On dit que la distance est l'oubli, 1986), où les personnages principaux évoquent leur passé de prisonniers et les tortures subies. Pour sa part, Toda esta larga noche (Toute cette longue nuit, 1976) révèle les souffrances de quatre femmes prisonnières durant le régime militaire. À la différence des pièces précédentes, La otra orilla (l'Autre Rivage, 1986) pose le problème du traumatisme de l'exil selon une perspective espagnole où les personnages luttent pour s'adapter plus ou moins à la nouvelle situation. Une deuxième version a paru en 1997 sous le titre de La Marejada (la Houle). Un cas extrême de survie est traité, avec l'humour noir propre à Díaz, dans Muero luego existo (Je meurs, donc je suis, 1986). Zoilo, l'exilé, commence par vendre son sang et continue progressivement à vendre tous ses organes sur proposition du corps médical. Cette réduction à l'absurde renvoie à ses premières pièces.

En 1993 lui a été attribué au Chili le Prix national des Arts de la représentation et audiovisuels, reconnaissance suivie de son retour presque définitif en 1994. Parmi ses dernières pièces créées au Chili : Tierra de nadie (Terre de personne), La cicatriz (la Cicatrice) et Zona de turbulencia (Zone de turbulence) écrites en 1996 ; El confín de la esperanza (les Confins de l'espoir, 1997) ; La mirada obscura (le Regard obscur, 1998) et La Dionisea (1998), toutes publiées en 1999. Avant cette date, Díaz avait reçu une quarantaine de prix et deux fois le Tirso de Molina (1975 et 1984), le plus prestigieux du domaine hispanique.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine

Zone(s) géographique(s) :
  • Chili
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026

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Jorge Díaz