BIANCOLELLI Giuseppe-Domenico
dit Dominique
Enfant de la balle, il joue d'abord en Italie ou en tournées puis à Paris (1661), dans la troupe régulière des Italiens. Pour le public français, il fixe un type assagi d'Arlequin, toujours acrobate et danseur, exubérant et inventif, mais presque de bonne compagnie, préfigurant le personnage de Marivaux.
Il a laissé un texte traduit entre 1735 et 1750 par Gueullette et qu'on désigne sous le titre arbitraire de Mémoires de Dominique. Ce sont les commentaires faits à la première personne de 73 canevas du répertoire italien. Sans même donner un résumé continu de l'intrigue, Dominique décrit sa façon de jouer : c'est la consécration de la primauté de l'acteur et de la prééminence d'Arlequin, dont le nom va bientôt symboliser à lui seul la comédie italienne. Les Mémoires sont aussi un document irremplaçable sur les lazzi et les tirades du rôle. On y trouve en effet des jeux de scène explicites. Par exemple, Arlequin se console, en buvant, d'avoir eu peur : « Un valet de théâtre, ayant une calotte de fer sous sa perruque, voulant me prendre ma bouteille, je la lui casse sur la tête, puis mettant l'épée à la main pour le tuer parce qu'il a cassé ma bouteille, je le poursuis, je tombe et je finis l'acte. » Dans le Festin de pierre, on a la version gestuelle de « l'air du catalogue » tel qu'il apparaîtra dans le livret de Da Ponte pour le Don Giovanni de Mozart ; Arlequin jette au parterre la liste des conquêtes de Don Juan et en retient le bout, disant : « Voyez, Messieurs, si vous n'y trouverez pas quelqu'une de vos parentes. »
Bibliographie sélective
- Domenico Biancolelli ou l'art d'improviser , textes, documents, introduction, notes. Présenté par Frédéric Deloffre,.. , Naples : Institut universitaire oriental, 1969