BAI Pu
Dramaturge chinois.
Bai Pu est né au moment de l'invasion mongole ; son père, qui occupe une charge à la cour des Tsin, s'étant enfui, il est confié au grand poète Yuan Haowen, à qui il doit sa grande culture littéraire. Il refuse toujours de servir l'occupant et partage son temps entre la littérature et les voyages. Outre des poèmes, il ne nous reste de lui que deux pièces sur les seize qu'il écrivit, mais celles-ci sont des chefs-d'œuvre de la littérature chinoise ; elles furent écrites pour le genre zaju des Yuan.
Par-dessus le mur en passant à cheval est tiré d'un poème de Bo Juyi : le fils du Premier ministre, en passant à cheval dans une rue, aperçoit une jeune fille de l'autre côté du mur d'enceinte d'un jardin. Il va la rejoindre et elle accepte de s'enfuir avec lui. Il la cache pendant sept ans dans la demeure familiale et ils ont deux enfants. Quand le père apprend ce mariage secret, il chasse la jeune femme, mais garde ses deux petits-enfants. Son fils ayant réussi aux examens, il demande à la jeune femme de revenir. C'est le portrait de celle-ci qui constitue l'originalité de la pièce : née dans une famille noble, elle ose s'enfuir avec l'homme qu'elle aime, s'emporte contre le père du jeune homme quand celui-ci lui demande de devenir l'épouse légitime de son fils, et elle n'accepte que devant les supplications de ses enfants.
Pluie sur le sophora reprend la célèbre histoire de l'empereur Minghuang et de sa concubine Yang Guifei, dont Bo Juyi avait déjà fait une ballade et qui fut reprise tant de fois au théâtre et dans le roman. En fuite devant les troupes d'An Lushan, l'empereur doit accepter les conditions de sa garde pour le protéger : la mort de la jeune femme, accusée d'être responsable des malheurs de l'Empire. Au dernier acte, ayant démissionné, l'empereur, solitaire, évoque une nuit le souvenir douloureux de celle qu'il aimait.